COMBAT CONTRE L\' HYPERPHAGIE COMPULSIVE

Rechute(s) : Bienvenue en Enfer !

J'ai décidé de vous présenter ce sujet sur deux articles distincts : une partie théorique et une autre pratique (où j'exposerais mon ressenti et mon vécu de la rechute). Je tiens à dire que c'est horrible tout ce processus de rechute car au fur et à mesure de la rédaction de l'article, je me vois décrite exactement avec tous les symptômes : je peux dire que c'est très très dur de lire, écrire tout çà car j'ai l'impression d'en avoir vécu toutes les étapes ! Ensuite il faut l'accepter et réagir, mon Dieu, vais-je y arriver un jour ?

 

Il existe plusieurs définitions au mot rechute mais nous allons retenir celle la plus significative à savoir :

 

-         une reprise évolutive d'une maladie qui était en voie de guérison.

Attention, il ne faut pas confondre rechute avec récidive. Car la récidive signifie la réapparition de la maladie suite à guérison totale.

 

 

SIGNES AVANT-COUREURS
D'UNE RECHUTE


La rechute s'installe progressivement au point que l'on croit toujours qu'il ne s'agit pas d'une rechute mais d'un mauvais passage momentané que l'on va surmonter. Hors, il s'avère que plus on pense que c'est momentané et que l'on va remonter la pente rapidement, moins on y arrive. Se succèdent différentes étapes qui mènent donc à la rechute :

 

-         retour à la négation

-         fuite et comportement défensif

-         genèse de la crise

-         immobilisme

-         confusion et réaction excessive

-         dépression

-         perte de contrôle du comportement

-         phase aiguë de rechute

-         reconnaissance de la perte de contrôle

-         réduction des solutions possibles

-         phase aiguë de rechute

-         LA RECHUTE.

 

 

ETAPE N°1 - RETOUR A LA NEGATION

 

Il est difficile de gérer son stress et de transiger avec ses émotions. Un processus de crainte, d'inquiétude et d'anxiété peut se mettre en place et c'est la première phase de doute quant à la sobriété du traitement en vue de la guérison. Un mal à l'aise général n'est que passager et vraiment momentané.

 

Ce comportement est inconscient et la personne nie ou ignore ses sentiments (ou en est consciente mais vite oublié) en se « mettant en veille » afin de pouvoir en supporter les circonstances. Ce n'est que lorsque la personne effectue un retour en arrière sur la situation, qu'elle est capable de se rendre compte de ses sentiments d'anxiété et la négation de ceux-ci.

 

 

ETAPE N°2 – FUITE ET

COMPORTEMENT DEFENSIF

 

La fuite consiste à un refus de penser aux sentiments douloureux et inconfortables. Pour se faire, la personne évite les situations et les personnes qui la forceraient à se regarder objectivement. La personne se met sur la défensive dès que des questions sur son bien-être ou son traitement de guérison lui sont posées. La personne se préoccupe plutôt des autres au lieu d'elle-même.

 

Au niveau du comportement :

 

-         il devient COMPULSIF dans la façon de penser et de se comporter sans raison valable. C'est le moment où la personne s'implique dans plusieurs activités et travaille plus que nécessaire. Elle cherche à contrôler les conversations soit en parlant trop ou soit en ne parlant pas du tout. Hors, les rencontres plus intimes et amicales sont évitées.

 

-         il devient IMPULSIF par des gestes irréfléchis ou non maîtrisés dans le cadre du stress intense qui peuvent aller jusqu'à l'altération complète du traitement de guérison voire atteindre à sa vie.

 

Une recrudescence de ce comportement compulsif et impulsif engendre une tendance à l'isolement au lieu d'aller vers les gens.

 

 

ETAPE N°3 – GENESE DE LA CRISE

 

Après avoir :

 

-         nier ses émotions personnelles

-         s'isoler

-         négliger son traitement de guérison (rééducation alimentaire, thérapie….),

 

toute une série de problème surgissent : dès que l'un est réglé, l'autre apparaît !

 

En effet, la personne a tendance à croire que tout est sous contrôle et que tout va bien alors qu'elle est incapable d'avoir une vue d'ensemble sur sa vie. Celle-ci se décompose en tronçons séparés et le contrôle ne s'opère que sur une certaine partie de sa vie. Par moments, il y a focalisation sur tout ce qui va mal au point d'exagérer les petits problèmes en gros problèmes. On en vient à croire que l'on est traité injustement et qu'il n'y a aucun pouvoir pour changer quoique ce soit.

 

Les symptômes d'une légère dépression commencent à faire leur apparition et à s'installer. Le cafard, la tristesse prennent le relais mais en aucun cas cet état n'est révélé à personne. Une recrudescence du sommeil peut également apparaître.

Toutefois une occupation ou une passion peut faire sortir de ses états d'âme.

 

Il y a également une perte de la capacité de planifier des plans ou projets de façon constructive en prêtant moins attention aux détails. C'est un style de vie « au jour le jour » qui plutôt adopté.

N'étant plus accros aux détails, certains projets ne deviennent plus réalistes et cela génère des problèmes qui font ressortir de la culpabilité et du remord.

 

 

ETAPE N°4 –IMMOBILISME

 

Le contrôle ne s'opère plus : le syndrome du « si seulement apparaît ». Il s'agit de rêvasser et prendre ses désirs pour des réalités d'où un problème de concentration.

 

Un sentiment d'échec réel ou imaginaire commence à se développer. Les petits échecs sont exagérés et disproportionnés.

 

Penser à ce que cela aille mieux sans rien faire est le seul souhait de la personne afin d'être heureuse.

 

 

ETAPE 5 – CONFUSION ET

REACTION EXCESSIVE

 

La personne réagit excessivement pour un rien et devient irritable. Les périodes de confusion deviennent de plus en plus fréquentes, durent de plus en plus longtemps et engendrent de plus en plus de problèmes.

La personne est en colère contre elle-même car elle n'arrive pas à comprendre ce qui se passe.

 

Les relations deviennent tendues avec la famille et les amis. Il s'agit de changement de comportement et d'humeur. La personne commence à se sentir coupable et plein de regrets par rapport au rôle qu'il tient dans les conflits qui continuent de s'intensifier malgré ses efforts pour les résoudre.

 

La personne enchaîne les phases de frustrations, de ressentiments et d'irritabilité sans raison réelle et s'emporte donc facilement. Elle réagit de plus en plus souvent de façon excessive pour des riens. La peur que ses réactions excessives ne débouchent sur la violence augmente le stress et l'anxiété.

 

 

ETAPE 6 – DEPRESSION

 

L'idée du suicide peut apparaître. La routine s'installe et elle devient difficile à vivre. Les crises apparaissent de façon régulière pour masquer la dépression.

 

La rééducation alimentaire est altérée par une reprise des mauvaises habitudes alimentaires type « fast food » ou autre. La personne ressent un mal être général et se sent incapable de s'en sortir et de se concentrer. Elle est craintive et anxieuse.

 

Le sommeil en devient irrégulier avec des cauchemars ou des rêves étranges d'où un état physique plus qu'épuisé.

 

La routine quotidienne n'est plus respectée : se lever à heures fixes devient compliqué…

 

Il peut y avoir des périodes de grave dépression où la personne se plaint souvent que rien ni personne ne la comprend. Au final, elle se coupe des autres.

 

 

ETAPE 7 – PERTE DE CONTROLE DU COMPORTEMENT

 

Il s'agit d'une incapacité de maîtriser son comportement personnel et de respecter un horaire quotidien. La personne n'est pas pleinement conscience qu'elle peut perdre le contrôle. Sa vie devient chaotique et de nombreux problèmes surgissent dans divers secteurs de sa vie et de sa réadaptation.

 

Les rendez-vous de consultation au traitement pour la guérison deviennent volontairement irréguliers. Des excuses sont trouvées pour justifier des absences. La personne commence à penser : « pourquoi en faire sa priorité alors qu'il y a d'autres choses plus importantes ».

 

La personne développe un comportement de « s'en foutisme ». Elle essaie d'agir comme si elle ne se préoccupait pas des problèmes qui surviennent. Cela lui permet de camoufler ses sentiments d'impuissance et de perte de respect envers lui-même et de confiance en ce qu'elle est.

 

La personne se coupe des gens qui peuvent l'aider en s'éloignant discrètement des autres.

 

Un sentiment d'impuissance surgit et la personne pense à croire qu'il n'y a pas d'issue.

 

 

ETAPE 8 – RECONNAISSANCE ET

PERTE DE CONTROLE

 

 

La personne cesse de nier la réalité et reconnaît brusquement la gravité des problèmes, à quel point sa vie est devenue incontrôlable et le peu de pouvoir qu'elle ait pour résoudre ses problèmes. Cette prise de conscience est extrêmement pénible et effrayante. Rendu à ce stade, elle est tellement isolée qu'il n'y a plus personnes vers qui elle peut se tourner pour chercher de l'aide.

 

Un apitoiement sur soi permet d'attirer l'attention de sa famille et de ses amis.

La nourriture est vue comme seule solution saine et rationnelle face aux idées suicidaires et autres pensées délirantes. Une notion de devenir « folle » est mentionnée et donc seule la nourriture fait acte de soutien, d'aide, de réconfort. La personne n'en perd pas l'espoir de manger normalement un jour et d'en avoir totalement le contrôle.

 

La personne commence à reconnaître les mensonges qu'elle donne, en présente ses excuses mais elle est incapable d'y mettre fin.

 

S'ensuit une perte totale de la confiance en soi par un sentiment d'impuissance qui amène la personne à croire qu'elle est inutile et qu'elle n'arrivera jamais à gérer sa vie.

 

 

ETAPE 9 – REDUCTION DES SOLUTIONS POSSIBLES

 

La personne se sent pris au piège par la douleur et son incapacité à s'occuper de sa vie. Elle ne voit alors que trois solutions: la folie, le suicide ou la nourriture. Elle ne croit plus que quelqu'un ou quelque chose puisse l'aider.

 

Une irritation générale engendre de la colère contre le monde en général mais surtout contre soi-même.

 

Souvent la personne stoppe toute consultation ou traitement qui était en cours. Si toutefois, elle poursuit les consultations, c'est en touriste qu'elle s'y présente.

 

Le sentiment d'être submergé par l'isolement, la colère, la frustration, la tension est récurrent.

 

 

ETAPE 10 – PHASE AIGUE DE RECHUTE

 

La personne a de plus en plus de difficultés à contrôler ses pensées, ses émotions, ses jugements et ses comportements. Ses pertes progressives de contrôle la rendent inapte. Sa santé et son bien-être en sont affectés. Peu importe les efforts qu'il déploie pour reprendre sa vie en main, cela lui semble impossible.

 

 

LA RECHUTE

 

Le cycle de rechute aboutit à une crise grave qui rend la personne totalement incapable de fonctionner pendant une certaine période de temps.

La personne peut devenir incapable de fonctionner dans son travail, sa vie sociale, sa vie familiale et sa vie intime. Par conséquent, tous les domaines de sa vie subissent le contrecoup de la négligence.

Les crises refont surface de manière régulière et incontrôlée dans le but d'échapper à la douleur ou le désespoir. La personne retrouve les vices de la maladie et éprouve les symptômes qu'elle avait éprouvés lors de sa dernière période de crise.

La personne a tendance à s'effondrer émotionnellement et devient incapable de fonctionner émotivement. Elle peut réagir excessivement ou peut devenir émotivement figé, pleurer ou se mettre dans une violente colère pour aucune raison particulière. Elle peut également devenir incapable de fonctionner en raison de son épuisement physique.

La personne peut tomber malade par suite du stress intense subi pendant une longue période de temps et peut développer des maladies mentales comme la psychose, l'anxiété grave ou une dépression profonde. Les maladies mentales peuvent être à ce point graves qu'elles l'obligent à se faire traiter. Une vigilance de l'environnement est demandée car la personne peut devenir suicidaire, tenter de se suicider ou le faire délibérément.

La personne peut devenir négligente et incapable de prendre les précautions normales dans sa vie, ce qui peut la prédisposer à une série d'accidents.

Enfin, la personne peut être incapable de participer aux activités normales de la vie et peut devenir incapable de fonctionner en société.

 

Gérer la rechute

Il peut être difficile de réduire ou de cesser les crises. Il n'est donc pas étonnant que certaines personnes qui y parviennent recommencent à avoir des problèmes de consommation avec d'autres drogues. Il peut être décourageant de faire une rechute. On peut alors se sentir vulnérable et faible et avoir l'impression qu'il est impossible de se remettre d'une toxicomanie. Si vous faites une rechute, dites-vous que c'est un revers temporaire, tirez-en une leçon, prenez note des compétences que vous avez utilisées pour vous en sortir et ne vous dites pas que vous avez échoué. Concentrez-vous sur les changements durables que vous avez apportés, tels que :

  • réduire la quantité de nourriture que vous prenez et en prendre moins fréquemment ;
  • adopter un mode de vie plus sain (poursuivre vos études, garder votre emploi et ne pas consommer d'abus de nourriture à l'école ou au travail) ;
  • réduire ou éliminer d'autres comportements à risque élevé.

Quelles sont les causes de la rechute ?

Plusieurs facteurs peuvent « déclencher » une rechute. Ils varient d'une personne à l'autre.Voici une liste de facteurs courants :

  • état émotif négatif (comme la colère, la tristesse, un traumatisme ou le stress) ;
  • malaise physique (comme les symptômes de sevrage et la douleur physique) ;
  • état émotif positif (vouloir se sentir encore mieux) ;
  • mise à l'essai de la maîtrise de soi (« Je réussirai à prendre un seul verre ») ;
  • tentations et fortes envies (état de besoin) ;
  • conflits (comme une dispute avec son conjoint ou son partenaire) ;
  • pessions sociales (situations où il semble que tout le monde consomme de l'alcool ou d'autres drogues) ;
  • moments agréables passés avec des amis ou des membres de la famille (Marlatt, 1996).

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Si vous faites une rechute, il est important que vous déterminiez les facteurs qui l'ont déclenchée et que vous trouviez des moyens de composer avec les situations à risque.

La voie du rétablissement

Tel qu'illustré ci-dessous, le rétablissement peut avoir l'apparence d'un parcours en dents de scie. Certains réussissent à suivre un chemin direct menant au sommet du mont Rétablissement, mais la plupart des gens commettent des erreurs (rechute) en cours de route. Chaque accident de parcours donne l'occasion de faire le point sur ce qui a marché et sur les changements qu'il faut apporter.

Source: L.Marcotte et M.Lecavalier : Connaissances et habiletés pratiques en relation d'aide, p.73 à 80. 

Source : centre de toxicomanie et de santé mentale : changement, rétablissement et prévention de la rechute rubrique gérer sa rechute

Source : haute école de santé de Genève

Source : lepharmacien.fr



12/04/2010
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