COMBAT CONTRE L\' HYPERPHAGIE COMPULSIVE

Le suicide

T.C.A. = trouble du comportement alimentaire

De beau matin légèrement ensoleillé, j'ai envie d'aborder ce thème funèbre mais important.

Dans un premier temps, je trouve la définition sur ce site intéressant :

http://www.doctissimo.fr/html/sante/encyclopedie/sa_1014_suicide.htm

Dans un deuxième temps, j'associe le suicide au désespoir et je les lierais même à l'angoisse voire la dépression quelles soient chroniques ou pas.

Le suicide a une grande place au sein de ces maladies que ce sont l'anorexie, la boulimie et l'hyperphagie compulsive car il s'agit de "suicider à petit feu" et la personne en est soit consciente soit inconsciente.

J'irais même jusqu'à retourner le problème à l'envers et dire que tout commence par une petite dépression ou angoisse, qui s'installe puis devient chronique où ce sont les troubles du comportement alimentaire qui font effet placebo.

Jusqu'à l'adolescence, j'ai subi :

-  les critques familiales et les insultes car "j'étais l'accident" et une charge de plus pour la famille

- les critiques à l'école car les gosses entre eux sont très méchants : on me tapait, j'étais l'épouventail de service car trop grosse.

C'est en m'habituant à ces sévices quotidiens que :

- je me suis renfermée sur moi-même et ne rigolait jamais. J'ai quelques copines qui jouaient avec moi à la récré mais la plupart du temps, j'étais seule dans mon coin

- je me suis réfugiée dans les études pour être la meilleure pour montrer à tous de quoi j'étais capable mais les esprits tordus me tapaient pour que je fasse leurs devoirs.

Alors s'installe petit à petit la maladie :

- avant l'adolescence j'étais déjà hyperphagique compulsive sans le savoir

- en pleine adolescence je suis devenue anorexique car j'en avais marre de tout çà et je voulais être comme les autres et enfin être acceptée au lieu d'être toujours rejetée

- depuis je suis hyperphage compulsive chronique avec des hauts et des bas et je me bats pour y remédier.

C'est vraiment autour de l'anorexique que mon souvenir de suicide reste probant. C'est bizarre car j'enchaînais les périodes de dépresssion et d'angoisse et je pleurais tout le temps car je voulais être maigre et je me voyais toujours grosse dans le mirroir. C'est à cette époque que j'ai commencé à prendre des anti-dépresseurs et "le régime" me fatiguait trop.

En tant que bonne élève, j'ai redoublé une classe et c'était l'année de mon amaigrissement. Bien sûr ensuite, j'ai eu tout un tas de copines qui n'ont fait que de me faire chier avec la recette miracle du régime.

Cet amaigrissement ne m'a pas fait avoir plus de copines, car ce n'était que par intérêt qu'on venait me voir. Alors la dépression continue, continue jusqu'à ce que je n'en peuve plus et j'ai sombré 4 ans après dans l'hyperphagie compulsive.

Là j'ai voulu mourir, mais en voulant mourir éclatée par cette bouffe. Passer de moins de 40kg à plus de 150kg en à peine 6 mois, oui, j'ai voulu me suicider comme çà.

Alors je comprends que les troubles du comportement alimentaire sont un suicide lent car c'est comme çi on a la gachette du pistolet sur la tempe et qu'on attend pour tirer jusqu'à ce que l'un jour on le fasse.

Quand mon hyperphagie s'est bien installée, j'ai des périodes où je vois tout en noir et je veux "me jeter par la fenêtre" du haut de mon immeuble. Il m'est déjà arrivé qu'une force, le fameux démon de ma bouffe, me pousse vers la fenêtre et me demande de l'ouvrir et de sauter. Là, je peux dire que c'est comme une crise de bouffe car je dois me calmer et penser à quelques personnes qui, eux, au moins, serait triste que je ne sois plus là.

Je ne veux pas forcément dire que toutes les personnes atteintent de T.C.A. sont obligatoirement suicidaires, c'est un constat. Je ne suis pas médecin mais c'est un sujet encore tabou.

Je pense que si l'entourage veut vraiment aider une personne, il faut comprendre le pourquoi de cette maladie, et l'aider pas en lui disant "arrête de manger" ou "mange" mais une réelle aide psychologique. Il y a forcément une raison.

A l'heure actuelle, je ne pense plus au suicide car je suis soignée pour çà : j'ai les anti-dépresseurs mais pour moi la base des TCA est le mal-être, l'angoisse, la dépression.

Alors je comprends les personnes qui se suicident alors que normalement c'est tabou. Quand j'étais anorexique, je jouais avec la mort car j'adorais me retrouver avec une faible tension dans un mini-coma, cet état me faisait du bien car je ne pensais à rien, j'étais en transe.

Les gens ne comprennent pas qu'à l'inverse, qu'en pleine crise de bouffe, tu es en transe, çà fait du bien, çà soulage les conneries car la bouffe ne te juge pas, elle te console et tient le rôle qu'on a pas autrement ! C'est aussi simple que çà mais dur à faire comprendre ! Alors au lieu de se lamenter à t'accuser de bouffer, chercher à comprendre pourquoi on bouffe comme çà. Cette transe devient une drogue et quand elle s'installe, on ne peut plus l'ôter. Ensuite, comme un drogué, il nous faut notre dose de transe pour soulager et ce, le jour, la nuit, 2fois, 4fois par jour.... Ensuite vient la culpabilité et les idées de mort ....
C'est çà qu'il faut comprendre, que de jouer avec la mort, c'est exitant, ça soulage, çà crée une adrenaline qu'on n'a plus dans le quotidien.

Et c'est aussi la sonnette d'alarme vers des tierce personnes pour montrer qu'on est mal et qu'on a besoin d'aide :

- soit ces personnes qui ne comprennent rien, te laissent dans ton mal en t'accusant de faire de la comédie

- soit c'est compris mais mal pris en charge

- soit c'est compris et pris en charge mais çà ne suffit pas.

Attention, je comprends bien que certaines personnes font le nécessaire pour que la personne s'en sorte (on ne va pas mettre tout le monde dans le même panneau !), et que çà finit par leur pourrir la vie d'avoir à subir çà.

Je trouve que dans cette société où les gens doivent être formatés dans une boîte identique, on oublie la pression que çà crée chez les personnes ne rentrant pas dans le moule et qui sont rejetés par la société. En y ajoutant les problèmes familiaux voire professionnels, celle-ci n'est pas actrice mais complice du suicide. C'est rigolo car au départ, il s'agissait plutôt de soucis familiaux maintenant çà bifurque dans les entreprises.

Dire aux parents qu'ils sont responsables, c'est donc dire à la société elle-même qu'elle est responsable avant tous ! Après tout, l'homme se construit de technologie et autre mais se détruit émotionnellement, physiquement....

A vous, si vous voulez débattre.....

 



18/10/2009
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