COMBAT CONTRE L\' HYPERPHAGIE COMPULSIVE

Ca y est, 1er RDV

Bonjour à tous,

 

Ci-dessous des suites de mon premier RDV :

 

Déjà, j'arrive avec un peu d'avance car il faut s'annoncer à l'accueil. Puis la secrétaire ne m'ayant pas trouvée ( !) me demande ma carte d'identité. Elle fait mon dossier parmi lequel est inséré tout un tas d'étiquettes autocollantes pour les futurs RDV. Ensuite, elle me donne une carte à conserver où figurent tous les numéros de téléphone du service.

 

Pour payer la consultation, ce n'est pas dans le même bâtiment mais derrière le bâtiment stomatologie. Il faut s'y rendre après ta consultation suivant ce qu'à noter le médecin.

 

Après mon 1H45 de trajet après le boulot, je me rends aux toilettes après avoir été au secrétariat. Et là, surprise, au fond du couloir, je tombe sur un fauteuil roulant d'une largeur ENORME ! Jamais vu çà ! J'étais bien tentée par m'asseoir et vérifier si j'avais des fesses aussi énormes mais je n'ai pas osé !

 

Puis je retourne en salle d'attente où les fauteuils sont également bien larges et confortables.  Parmi les patients attendant leur tout comme moi, figuraient quelques personnes âgées, une poignée de personnes comme moi. Oui, on peut dire qu'il n'y a pas de chômage dans le service. Les personnes plus jeunes ont un réel embonpoint, je dirais que tous doivent bien faire plus de 130 à 150 kg. Ce n'est donc la rigolade dans le service, les personnes âgées étaient plus minces car peut être qu'elles étaient suivies depuis plus longtemps et qu'elle avait déjà une prise en charge.

 

Le médecin (c'est une femme) m'appelle. Franchement, j'ai même pas attendu longtemps car j'étais là à l'avance et elle m'a pris au moins 10 minutes avant l'heure réelle de mon RDV.

 

Elle m'accueille dans son bureau. Et commence à me questionner et à prendre des notes. Vu la masse d'information sur tout le vécu de mon obésité, je partais dans tous les sens. Alors elle m'a posé des questions et j'ai expliqué les choses chronologiquement mais simplement. J'ai surtout dit que mon problème venait du contexte familial et qu'à chaque fois problème je prenais du poids à tir la rigolo. Le yoyo permanent était devenu insupportable et le contrôle m'avait anéanti.  En expliquant tout çà sous ses grandes lignes, je me suis effondrée en larmes dans le bureau car ses questions sont précises. Mais LA question qui tue : « pourquoi vous venez me voir aujourd'hui ? ». Je peux vous dire que je l'ai regardé d'un air miséreux ne comprenant pas pourquoi elle me posait cette question. J'avais envie de répondre : « Mais vous ne voyez pas que je suis obèse morbide et que je n'en peux plus ! ».

J'ai répondu que j'étais trop fatiguée de lutter en permanence et ne supportais plus rien du tout. Mon désir étant de perdre beaucoup de poids, je lui dis qu'une opération pourrait peut être m'aider.

Ensuite, elle me demande si j'ai ou s'il y a des antécédents familiaux de tout genre : diabète et compagnie. Je lui explique le tout, ainsi que tout les opérations que j'ai eues tout dans un contexte très généraliste. Puis elle me demande si des comptes rendus opératoires ou examens médicaux. Ce sont surtout mes échographies du foie et les analyses médicales transaminases qui l'intéressent. Puis je montre que j'étais suivi par mon diététicien par mon programme alimentaire que j'ai suivi pendant un peu plus de 2 ans et avec lequel j'avais perdu 38kg.

Elle prend le tout pour en faire des photocopies et les insère dans mon dossier.

 

Puis viennent les questions sur ma rechute : j'explique que je ne supportais plus le contrôle, que les gâteaux m'appellent, que ce n'est pas un carré de chocolat mais plusieurs plaques entières qui définissaient mes écarts alimentaires.

Alors elle pensait que mon régime était trop strict. Je lui explique que ce n'est pas le problème qu'il ne l'était pas bien au contraire et que justement le moindre écart était catastrophique car ce n'est pas un écart mais une crise entière d'hyperphagie si je m'autorisais de manger en dehors de mon programme alimentaire. Car dans ma tête, j'en suis toujours à penser que si je craque sur un carré de chocolat, je vais forcément prendre 1kg le lendemain (ce qui est FAUX !) et que ma théorie est : « allons-y gaiement, puisque je vais grossir demain, je me lâche jusqu'à manger 4-5 gâteaux, frites, pizzas et compagnies… ».

 

Puis vient la question sur le traitement anti-dépresseur que j'ai eu pendant presque 1 an. Elle est surtout intéressée par la dose journalière mais je lui dis que çà fait 15 jours que j'ai arrêté car il ne me fait plus d'effet.

 

Ensuite, elle me fait peser : alors là je ne vous raconte pas la catastrophe ! Non seulement j'ai repris tous les 38 kg perdus mais en plus j'en ai quasiment 20 de plus. Je sens ma gorge se serrer…. Elle me demande de m'allonger et prend ma tension. Elle me demande si j'ai d'habitude une tension haute, je réponds que non mais que je suis énervée du RDV (j'aurais dû dire bouleversée !).

 

Alors elle me redemande pourquoi je suis venue en consultation. Là je m'effondre en larmes littéralement ! Je l'ai trouvée dure et je me demandais si elle comprenait ce que je lui disais. Alors là, je me suis lâchée et lui ai expliqué que j'espérais obtenir une opération qui, pour moi, me bloquerais mécaniquement pour me permettre de ne plus faire tout ce yoyo insupportable et incontrôlable. Alors là, catastrophe ! Elle me répond qu'en aucun cas, une opération est la solution à mon problème, qu'elle refuse catégoriquement à ce que je me fasse opérer. Ensuite, elle me dit que je dois d'abord régler mes problèmes d'ordre psychologiques (elle ne l'a pas dit de la sorte mais me l'a bien fait comprendre) MAIS qu'ensuite, SI je suis stable, je pourrais éventuellement envisager une opération mais en aucun cas dans l'immédiat.


Je  pleure encore dans le bureau car c'est comme un espoir qui s'effondre. Après avoir lutté toutes ces années, avoir accepté malgré mon refus initial, un opération typer by-pass, voilà que maintenant, il fallait que je me refasse chier à refaire régime et supporter les gâteaux qui me parlent et compagnie. Mon sang ne fait qu'un tour et franchement je suis déçue à l'instant présent du RDV ! C'est vrai que j'ai même été très déçue car mon rêve s'écroulait. Un espoir part en fumée, le tsunami dans ma tête….

 

Le médecin m'explique que l'opération ne résoudra en rien mes problèmes de crises d'hyperphagie car elle peut même être dangereuse car le système peut « craquer » par la surcharge de l'estomac. En effet, je n'y avais pas pensé, pour moi, c'est impossible d'avoir cette surcharge car normalement tu vomis mais apparemment sur certaines personnes, çà ne le fait pas.

 

Je lui ai que je suis épuisée, fatiguée et que je n'en peux plus. Alors elle me pose un tas de question sur le sommeil et me fais asseoir et m'appuie sur la gorge et me demande d'avaler. Je n'y arrive pas et je peux vous dire que çà m'a rendu malade jusqu'au soir ce truc. Elle m'annonce que je suis épuisée suite à une probabilité quasi certaine sur une apnée du sommeil qui serait LE problème à régler AVANT tout le reste. En fait, si je comprends bien, ce serait cet apnée du sommeil nocturne qui impacterait mon moral au point de ne plus supporter rien du tout. C'est vrai que depuis plusieurs jours, je suis épuisée même en réveillant le matin et que mes yeux se ferment tout seuls à mon travail et je fais des erreurs d'inattention.

Alors elle me fait une lettre afin de m'orienter vers un spécialiste pour une analyse de l'apnée de sommeil par un appareil. Si elle s'avère positive, je devrais porter un appareil chaque nuit ce qui rétablira un sommeil réparateur.

 

L'autre priorité est de me faire suivre par un psychiatre spécialisé dans les TCA par une thérapie comportementale. Elle me dit que mon psychiatre est bien dans le cadre du moral mais qu'il me faut vraiment un suivi par un spécialiste TCA. C'est vrai que mon psychiatre m' a toujours dit qu'il n'était pas spécialisé de troubles TCA ce qui ne nous empêche pas de parler de tout dont la bouffe mais lui manque la technique spécifique au traitement des TCA.

 

Le médecin me propose de me faire hospitaliser au sein du service afin de faire un bilan de santé, autant sanguin que radiologie qu'échographique. Je pense qu'il y a aussi la rééducation alimentaire mais c'est plus le bilan de santé qui l'intéresse.

Mais le plus important pour elle c'est que je me fasse traiter pour l'apnée du sommeil et j'ai RDV le 29/03/2010.

 

Ensuite, je vais être contactée par le service de l'hôpital pour l'hospitalisation. Je ne sais pas combien de temps je resterais… tout dépendra sur place. Il faut qu'il y ait de la disponibilité dans le service.

A ce moment, je pense à mon médecin traitant qui m'avait prévenu que :

- l'opération n'était pas LA solution à mon problème et il a raison

- que si on me propose une hospitalisation, il m'invite vivement à accepter de le faire.
Je me rends compte qu'il est trop fort et qu'il a raison sur toute la ligne.

 

De toute manière j'explique que j'étais contre l'opération car mon médecin traitant prévenue et que moi-même j'étais contre car je suis une battante et j'ai toujours voulue y arriver coûte que coûte. Le médecin me répond que quand j'aurais réglé ce système d'épuisement général dû à l'apnée du sommeil, çà ira mieux et tout reviendra dans l'ordre petit à petit.

 

Le médecin me demande de ne plus manger de gâteaux le matin mais de reprendre le pain. Pour le soir, je lui explique que je mange n'importe quoi mais elle ne s'en inquiète pas pour le moment. Elle me demande surtout de reprendre une activité physique : donc l'aquagym (que j'avais laissé tomber) et la marche 30 minutes par jour. Elle me prescrit un médicament anti-douleur à prendre avant chaque marche car j'ai très mal au dos, genoux, chevilles suite à la reprise de poids.

 

Et, j'ai RDV dans 3 mois. Entre temps, je serais peut-être hospitalisée. Elle a noté sur mon dossier ce qu'elle me demandait de tenir. J'ai trouvé qu'elle n'était pas trop stricte pour un début même si je mange pizza le soir ou très gras (fromage raclette avec du pain), elle me dit que c'est pas important pour le moment. Le plus important pour elle, c'est l'apnée du sommeil.

 

Le RDV a duré au moins 1 bonne heure pleine. Je suis sortie me cacher dans le couloir car je me retenais de pleurer, j'étais mal et je n'arrivais plus à respirer normalement depuis qu'elle m'avait appuyée sur la gorge. Alors j'ai bu de l'eau, attendu pour rendre le nouveau RDV au mois de juin 2010.

Puis je suis partie en pleurant dans le couloir, je n'en pouvais plus. Mon espoir s'effondrait en partie, mais je n'aurai jamais pensé que toute ma rechute était basée sur une possible apnée du sommeil !

 

Je suis toujours un peu bouleversée par le RDV mais je me rends compte que le médecin a raison sur toute la ligne.

Vous savez quand on est épuisée et fatiguée, on commence à faire ou espérer n'importe quoi pour s'en sortir !

 

Je vous laisse car je dois sortir, je voulais surtout rédiger cet article car je sais que vous êtes nombreux à attendre ce qui s'est passé au RDV. Merci à tous pour votre lecture et votre soutien. A bientôt.

 

 http://www.obesite-paris.com/index.asp



13/03/2010
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