COMBAT CONTRE L\' HYPERPHAGIE COMPULSIVE

Après Bilan 2013

18/06/2013

Voilà quelques années maintenant que ce combat se poursuit contre l’hyperphagie boulimique avec des pensées et comportements anorexigènes. A l’heure actuelle, je ne pratique plus du tout le jeûne pour rattraper les désastres de la balance mais par contre mon obsession pour l’activité physique (en compensation) a doublé. Et puis même si j’ai eu une période longue sans crises, avec des compulsions plus ou moins importantes, depuis peu certaines crises de sucré ont refait surface. Elles sont dûes à la tritesse, la colère, la frustration : émotions qui me paraissent d’une intensité telles que je n’arrive pas à les gérer et je ne sais pas quoi en faire sans le parachute de sécurité que sont les crises.

Rassurez-vous je n’ai pas rechuté car mon poids se maintient grâce au mouvement compensatoire et la remise sur les rails rapidement sauf que la balance est redevenue obsessionnelle du fait que j’ai cette peur de regrossir qui m’arrive en plein dans la tronche si je mange plus qu’à satiété. Ce sont quelques comportements hérités de mon anorexie restrictive à l’adolescence qui refont surface : calcul des calories et systématisme d’une obsession maladive d’épurer celles-ci en activité physique, obsession du poids sur la balance et dégoût des matières grasses. Je ne peux pas toucher du beurre et encore moins en manger ou tout autre gras qui me dégoûte. Impossible de cuisiner un gâteau au beurre, je ne peux pas malaxer la composition qui me rappelle la cellulite entérinée dans les cuisses et hanches. Dégoût de cette couleur jaune du beurre qui peut tourner en véritable phobie. A l’hôpital je travaille sur ce sujet.

 

Mais attention, je réussis à manger normalement les repas du matin, midi et soir et à m’accorder une collation composée de chocolat et quelques biscuits ou d’une part de gâteau de boulangerie de mon choix sans culpabiliser. Ce sont les excès qui me déstabilisent c’est-à-dire que si je dépasse ma satiété je panique mais toutefois j’accepte de faire quelques écarts et également si je fais une crise ce n’est pas grave, car le lendemain, je sais que mon corps va se réguler. Ensuite il s’agit de gérer l’anxiété liée à l’obsession de vouloir compenser la crise par l’activité physique en cas d’excès alimentaire (qui dépasse les 4000cal par exemple).

Si je fais une crise, il me faut du temps pour me calmer car si c’est le soir je ne peux courir à minuit chez moi à cause du bruit et des voisins. Donc j’accepte cette crise même si le lendemain la balance va me rappeler à l’ordre. Sauf que grâce à la prise en charge hospitalière, je suis maintenant capable de dire stop et d’avoir un retour de prise alimentaire normal dès le lendemain. Quelquefois çà peut durer 2-3 jours.

 

J’ai ordre de ne pas utiliser de balance chez moi, de la jeter et de prévoir un rdv chez mon médecin toutes les semaines pour m’y peser ou me peser à l’hôpital car je ne suis pas seule confrontée à cette balance et l’on peut discuter de mon ressenti de l’instant présent.

Sauf que je n’y arrive pas. L’anxiété du reprise de poids est forte et je sais que crises cumulées = 5-10-15-25-50kg de reprise en quelques semaines. J’ai tellement peur de rechuter et de ne pas être assez forte pour reprendre le dessus et remonter la pente.

 

C’est toujours sans traitement d’anti-dépresseur que je poursuis ce combat. Pourtant je me bats avec le psy car il veut m’en refiler car je suis rechute de dépression. Après quelques essais avec les effets indésirables, j’y ai renoncé car bien sûr que çà peut aider au niveau de l’anxiété mais je n’ai jamais guéri grâce à ce genre de traitement et à terme les crises s’accentuent. Traiter l’anxiété pour augmenter les crises = non merci (par expérience, le début de traitement peut être efficace sur les crises mais c’est très éphémère alors on augmente la dose et çà croit l’anxiété et apparition des insomnies. De plus j’ai remarqué être moins concentrée sur la thérapie qui peut paraître du coup inefficace). Sans traitement (me concernant car certaines personnes en ont absolument besoin surtout en cas de pensées suicidaires…) je trouve que je suis plus à même de ressentir ce qui se passe en thérapie. Par contre c’est très douloureux au niveau des émotions et du stress qui semblent prendre des proportions complètement démesurées. Par contre je sais gérer de petites situations de stress et d’émotions sans passer par l’alimentaire. J’en suis fort contente car je n’y arrivais pas. En comparaison d’autres patients avec anti-dépresseur et anxiolytiques et d’autres médicaments, mes progrès semblent plus rapides (selon moi, ce n’est pas peut être pas le même avis que l’équipe médicale) et çà ne les empêche pas d’être en dépression et dans le même état émotionnel catastrophique que moi.
Sans être médecin, je suis maintenant persuadée que ce genre de médicament peut retarder le processus menant au chemin du mieux être (sans parler de guérison pour le moment).

 

J’ai aussi pu remarqué qu’il ne faut pas forcément se fier et se jeter à corps perdu chez un psy se disant formé en TCA. L’expérience des patients indiquent que certains manquent de tact (« ah bon ? Ah non il ne faut pas manger autant mais arrêter de manger alors ! » oui c’est bien pour çà qu’on vient te voir car on n’y arrive pas, banane !) et ne connaissent pas la méthode TCC. Par contre d’autres y sont formés et sont très efficaces mais leurs honoraires restent chers pour ceux qui ont besoin d’une séance toute les semaines en plus de la prise en charge hospitalière. Certains psys sans formation en TCA peuvent être plus efficaces que ceux qui s’en disent former « en théorie » mais en pratique ne valent pas grand chose. Certains psychologues sont même plus efficaces que certains psys mais ce n’est pas remboursé par la sécurité sociale. Certains patients ont pu trouver un bon psychologue (comme de très mauvais en matière de TCA) en CMP mais les rdv paraissent longs à obtenir. Certains m’ont rapporté avoir même trouvé leur bonheur chez un psychologue pour enfant.

Je conseille d’avoir plusieurs séances avec le psy ou le psychologue choisi avant de juger de la prestation car certains usent de leur technique qui peut paraître dérisoire sur l’instant mais elle peut avoir du sens au fil des consultations. Certaines réflexions peuvent être blessantes comme çà m’arrive souvent chez mon psy mais çà ne veut pas dire qu’il soit mauvais. Par contre lui seul n’est pas efficace sans la prise en charge hospitalière TCA en parallèle. Il agit en complément de thérapie et il peut prescrire un traitement en cas de besoin. Le psychologue peut orienter vers un psy pour une prescription médicale.

Pour info, mon psy n’est pas spécialisé en TCA et ne pratique pas la méthode TCC. Cela ne veut pas dire qu’il ne m’aide pas car ce n’est pas fréquent que l’on parle d’alimentaire. On parle surtout de stress et d’émotions qui ont finalement toujours un lien avec l’enfance et certains traumatismes liés à cette période.

Je conseille de dire ce que vous ressentez et ne pas hésiter à dire ce que vous n’aimez pas chez le psy dans sa méthode car je l’ai fait et il s’est adapté. Certains de ces comportements voulus étaient trop blessants et me rappelaient trop le passé. J’ai failli à plusieurs reprises changer de psy mais finalement j’ai compris que c’était voulu de sa part pour créer comme une prise de conscience sur cette souffrance. Mais il m’a fallu 2 ans pour oser lui dire certaines choses que je n’aimais pas dans sa méthode. Et lui dire que je n’accepte pas d’anti-dépresseur même si j’en aurais besoin. Après je comprends que l’éthique médicale tend à sa bienveillance de médecin de prendre soin des souffrances accompagnées d’un traitement médical.

Et n’hésitez pas à parler des honoraires car certains peuvent être arrangeants et même vous proposer un tarif selon votre situation mais tous ne le font pas (pratique des honoraires libres) ou alors s’arranger pour encaisser le chèque après le remboursement sécu.

C’est un premier pas vers l’affirmation de soi de relever, j’appelle çà, quelques défis avec le psy. Quelquefois j’ai honte de lui parler de la sorte quand je ne suis pas d’accord avec lui. Quelquefois je n’ose rien lui dire quand je juge qu’il a tord et çà me rend malade jusqu’à la séance suivante où finalement je ressors le sujet et explique que çà m’a rendu malade. On dirait qu’il agit en une sorte de cobaye de l’apprentissage de la vie !

 

Voilà, les petites news ! Vous êtes nombreux à me demander des renseignements donc j’espère y avoir répondu au niveau du psy et du suivi TCA depuis que j’ai commencé.

Vous aussi, ne désespérez pas et continuez ce combat difficile mais qui en vaut la peine !! Quelle satisfaction d’arriver à gérer quelques petites situations sans crises. C’est déjà beaucoup par rapport à 2009 et mes 15000 calories ingérées tous les jours sans compensation physique. Si j’ai des jours à 5000 calories ce n’est pas grave c’est toujours mieux qu’avant ! Il est très important de garder en tête le chemin parcouru et se rendre compte que même s'il y a un loupé ce n'est pas dramatique et hop on repart. D'où l'importance de s'en rappeler voire encore mieux que les autres nous le rappelent. En accord avec mon psy il m'est arrivé de lui téléphoner pour lui dire tout ce que j'avais sur le coeur (craintes, ressenti, émotions...) ou d'écrire. Il est important de ne pas rester seul même pour une petite situation mais de la partager car l'aide des autres est très précieuse. Bien sûr il ne s'agit pas de contacter des personnes qui ne comprennent rien au stress d'avoir mangé 5000 cal en 30mn car elles ne feront qu'augmenter la culpabilité, la honte et le dégoût de soi. Partager ces instants douloureux et difficiles est essentiel pour avancer mais auprès du bon ou des bons interlocuteurs (notamment le psy) qui aident beaucoup. 

Merci à tous pour votre soutien et vos témoignages qui permettent aux autres de comprendre que beaucoup sont concernés par les TCA et sont désespérés par cette maladie. Mais c’est possible tout doucement d’avoir une amélioration sans toutefois imaginer être complètement consciente d’être guérie du jour au lendemain. Je ne le cache pas çà prend du temps mais çà en vaut la peine.

 

Merci aux professionnels de santé compétents sans lesquels : rien n’est possible. Mais n’oubliez jamais que même la meilleure prise en charge ne signifie pas la garantie d’une guérison. Le déclic vient de soi-même et « le processus vers l’auto guérison suivra ».

 

Conseil : attention aux journaux à gogo sur les régimes accélérés d'été. On sait qu'ils ne servent à rien. Le mieux est de les éviter. Je sais que c'est difficile car moi même je les achetais tous pour savoir et essayer même en pleine prise en charge TCA. Maintenant c'est fini, je ne les achète plus et préfère m'acheter un bon bouquin que de lire des conneries pareilles.

attention aussi à toutes ces crèmes amincissantes à but marketing qui coûtent chères et ne servent à rien non plus. Franchement dépenser 50€ voir plus pour perdre 1cm qui plus est de rétention d'eau et non de graisse, çà sert à quoi ? 1 cm ce n'est rien. Qui va le remarquer ? Le bonheur tend il à 1cm de plus ou de moins ?



18/06/2013
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