COMBAT CONTRE L\' HYPERPHAGIE COMPULSIVE

La rechute en pratique, çà donne quoi ?

C'est avec beaucoup d'émotions que je vais vous présenter mon vécu de la rechute. Parce qu'elle s'installe progressivement sans qu'on s'en rende compte à l'instanté. Au moment où on s'en rend compte, c'est trop tard, la maladie a refait surface dans son intégralité.

 

Si je reprends ce qu'avais écris : la rechute signifie une reprise évolutive de la maladie qui était en voie de guérison.

 

C'est bien le problème ! C'est que j'étais si bien partie, me pensant en voie de guérison, que comme une idiote, je n'ai compris que j'étais en train de rechuter que quand la rechute était déjà belle et bien installée !

 

Pour reprendre les faits :

 

Pour mémo, suite à une obésité infantile, j'ai décidé de faire un régime à l'adolescence qui s'est transformé en anorexie. A partir de ce moment j'ai commencé à faire le yoyo avec mon poids. De toute manière avant le régime je prenais 10kg par an et il fallait que je réagisse un jour ou l'autre. L'anorexie m'a toute détraquée au point de faire des crises d'hyperphagie de temps à autre. Je n'ai jamais réussi à me faire vomir bien que j'en ai souvent rêvé. Pour moi c'est sale et garder toute cette orgie dans mon corps est ma punition. Ce qui ne m'empêche pas de recommencer de temps à autre. Pour ne pas grossir, je faisais énormément de sport et le reste du temps de toute manière mes repas n'étaient composés que d'une pomme ou d'aliments super pas gras (je me souviens que je mangeais du concombre cuit à l'eau car j'avais lu que celui-ci était très peu calorique ! C'était dégueulasse ! Mais c'était mon unique repas et meilleur ami car peu calorique !)

 

Et à partir de ce régime, j'ai commencé à perdre tous mes cheveux : bien épais, noir et magnifiques. Ils sont devenus secs, tombants et des cheveux blancs sont apparus. L'horreur quand on a 14 ans ! J'ai été déçue du régime car mes copines étaient jalouses : toute conversation n'était centrée que là-dessus car même si elle n'avait pas de poids à perdre, il fallait quand même qu'elles en perdent. Alors j'ai coupé les ponts car je ne supportais plus qu'on vienne me voir que pour çà. Je tombais souvent dans les pommes car j'avais perdu trop vite en 6 mois 40kg puis pendant 3 ans j'ai pu continuer à maigrir progressivement même en mangeant peu. Ensuite j'ai repris 4 fois le poids perdu. Je pleurais tout le temps car je voulais être maigre et aussi car j'étais toute seule enfermée dans ma chambre. La famille est insupportable ! Avant de commencer mon régime on me disait de « ne pas manger » après on me disait « mais mange ». J'ai fini sans force avec des traitements de potassium à prendre par cure tellement j'étais faible. La famille ne m'a absolument pas aidée, bien au contraire n'a fait que de me critiquer. Et franchement je n'ai pas besoin de çà. Les gens ne comprennent rien et les repas de famille je les évitais et mangeais après (si je m'autorisais de manger). Il y en a marre de toujours manger dans le stress car on te fait chier à table avec les insultes (mon père est alcoolique c'est récurant chez lui) et les cris (ma mère ne supportant pas les insultes, je ne vous raconte pas l'ambiance des repas !) : on ne se croyait pas dans une famille mais un ring de boxe permanent. Mais qu'on me fiche la paix à la fin. C'est vraiment mon problème, je n'ai jamais pu avoir et même encore maintenant un repas de famille serein. Ca s'est même fini à ce que je quitte la table pour me sauver et ne réapparaître que quelques heures après avoir bien gâché le repas par mon comportement. Je déteste toujours les repas de famille ou encore manger devant les autres car çà m'énerve quand on fait le procès de ton assiette ou qu'on regarde tout ce que tu manges surtout si tu maigris. Les gens sont égoïstes car ils n'en ont rien à foutre de toi, ils veulent savoir ta recette magique de perte de poids. Et c'est pour çà que nous, les anorexiques, boulimiques, hyperphagiques, on ne mange que seul(e) si on peut bien sûr. Chaque repas en compagnie des autres génère du stress car on te regarde comme si c'était ton procès de l'assiette qui va tomber. Mais qu'on nous fiche la paix et qu'on puisse enfin manger en paix ! Voilà !

 

 

Si je n'aurais jamais commencé ce régime, j'aurais été en obésité mais pas morbide. Mais ce ne fut pas le cas. J'ai enchaîné sur les yo-yo en me disant à chaque fois, « çà y est c'est la bonne, je vais tenir », mais à chaque fois j'ai rechuté en récupérant 2 à 3 fois le poids perdu. Je ne vous fais pas de dessin quant à l'état de la peau mais surtout l'état du mental catastrophique.

 

En 2004, j'ai décidé de m'accepter telle que j'étais en obèse : tant pis j'y suis, j'y reste et bizarrement j'ai arrêté de grossir. Mais à ce moment les yo-yo incessant ne m'ont pas loupés car j'ai commencé à faire de l'apnée du sommeil, avec plusieurs autres complications physiques.

 

C'est exactement au moment où je me dis que çà suffit maintenant tu es comme tu es tant pis pour les autres. Ceux qui m'acceptent viennent me voir. Je m'en fichais et me suis habillée comme je voulais avec couleurs flashys (mais jamais de mini-jupe il faut exagérer non plus !). J'ai un look bien à moi qui me vaut parfois des moqueries mais je m'en fous ! A cette époque je me sentais bien car plus de souci de poids et de torture d'esprit quant à un régime. Toutefois il m'arrivait de faire des crises surtout lors d'insultes dans le métro ou dans la rue : un jour j'ai remis à sa place quelqu'un qui a failli me frapper. C'est normal, les gens se frottent les mains quand ils voient un bouc émissaire, ils sont fiers de faire du mal aux autres. Mais par contre quand toi tu te permets de les insulter en retour, ils se mettent en colère jusqu'à réagir très méchamment. Je n'ai jamais compris que des adultes se permettaient d'insulter les autres comme des gamins d'âge mental d'1 an. Mais au bout d'un certain temps, c'est fatiguant de se faire insulter à tout coin de rue, il y en a marre, on dirait mon père qui n'arrêtait pas de m'insulter tout le moment.
Je déteste les insultes mais autant je suis capable maintenant d'avoir une répartie du tac au tac ou alors je ne dis rien en faisant semblant de ne pas avoir entendu. Je crois même que c'est mieux, car le but de ses idiots est de te blesser et justement ils sont fiers quand tu t'énerves. Ou alors je regardes bien entre 4 yeux et répond : « mais il parle de qui celui-là ? me sentant pas du tout concernée. Il n'y a rien d'autre à faire dans la vie que de faire du mal aux autres ? Franchement je n'ai rien à faire avec ces gens aussi cons soient-ils. C'est quand même dégueulasse car les gens savent que l'on est très émotif et que pour un rien on va bouffer. On dirait qu'ils jouissent du fait que t'as craquée.

Une autre technique consiste à écouter de la musique via le baladeur car tu n'entends pas les conneries. Je ne le fais plus car je porte déjà un casque toute la journée à mon travail, c'est très mauvais pour l'audition. Mais rien ne t'empêche de faire semblant que tu écoutes de la musique, généralement on ne te fait pas chier car tu n'entends pas donc çà ne peut pas te blesser puisque le but principal est celui-ci.
Autre sujet de discorde, les sièges trop petits dans le RER, métro ou bus. Là je suis maîtresse en la matière ! Si je m'assoies et qu'il y en a un qui a le malheur de ruminer méchamment qu'il est trop serré, je rétorque : « non mais c'est public ici, si vous n'êtes pas content, vous n'avez qu'à prendre le taxi car j'ai payé ma place comme tout le monde j'ai droit de m'asseoir et si je vous gêne, à vous de vous lever car je n'irais pas m'asseoir ailleurs ! » Alors tu en as qui restent tellement cons qu'ils ne disent rien car je le dis suffisamment fort pour que tout le monde entende ! En plus les gens se foutent bien de sa gueule. Soit la personne tout en ruminant se lève pour s'asseoir ailleurs soit elle reste et elle n'hésite pas à vous pincer sur les bourrelets qui empiètent sur son siège. Alors bien fort, je réponds « ah, je ne savais pas que finalement je vous intéressais, il fallait le dire depuis le début mais je vous rappelle que l'attouchement physique est un délit qui peut aller jusqu'à 75000€ d'amende. T'as bien compris ? ». Là la personne se barre ou devient toute blanche avec une honte terrible et je suis fière dans ma tête, fière qu'enfin moi aussi je peux me défendre verbalement face à l'insulte !

Concernant l'attouchement volontaire sexuel : quand on est trop serré dans le RER, métro ou bus et quand tu en as qui en profitent pour faire du collé bien serré au point de tout sentir comme si t'étais à poil, je n'hésite pas à dire devant tout le monde ma phrase magique sur le délit. La personne fait semblant de rien et généralement veut te faire passer pour un con en disant qu'elle n'a rien fait mais çà ne marche pas! Généralement tu as d'autres femmes qui répondent : « c'est vrai moi aussi j'ai senti quelque chose, ils n'ont qu'à aller voir une dame de compagnie ! ». Qui s'y frotte s'y pique après tout !

 

Ensuite je me marre bien dans ma tête : après tout il faut pas me chercher et surtout pas me gonfler le matin ! Je vous rassure, il n'y a que quand l'on me chercher que l'on me trouve !

 

Bon j'en étais où ? A oui, je suis tellement bien en m'acceptant telle que je suis que badaboum, mon médecin m'annonce qu'il va falloir maigrir car mes soucis de santé sont liés au poids.

Alors là, je n'y comprends plus rien du tout : au moment où je m'accepte (il m'a fallu quand même plus de 30 ans pour çà !) il va falloir tout changer dans ma tête et recommencer tout le tsouin tsouin du régime ! Ah non je ne veux pas, çà me fatigue et je n'en ai pas la force…..

 

Du coup, il a fallu quand même que je réagisse, mon médecin traitant me connaît par cœur : rééducation alimentaire et non pas régime avec un professionnel ayant du recul face aux personnes en échec comme moi.

 

En novembre 2006, je commence donc tranquillement à remanger équilibré mais il faut tout noter, le premier mois est très dur. Mais j'ai maigri progressivement et non plus brusquement presque 40kg sur 3 ans. J'ai repris une activité physique régulière : l'aquagym, la natation et la marche à pieds (je peux faire jusqu'à 4h de marche d'un coup). Ah, je me sentais mieux physiquement, çà fait du bien. J'ai même eu les félicitations de mon médecin me disant que j'étais sa réussite de 2008 : je lui ai répondu qu'il ne fallait pas me féliciter car je ne suis pas à l'abri d'une rechute.

 

Mais pourquoi j'ai lâché le mot ?

 

Parce que je savais que quelque part je n'étais pas sincère envers moi-même.

 

Alors la rechute commence ainsi :

 

-         après avoir tenu 2 mois sans écarts, j'avais le droit à 2 écarts par mois puis 1 par semaine. Le problème c'est que ce sont ces écarts qui m'ont foutu dans « la merde ». Le vice de la maladie revient au point de devenir folle : une fois que j'avais fait mon écart. Impossible d'en prendre qu'une portion. Dans ma bouche c'est tellement bon qu'il me faut tout manger sans faim. Et manger sans faim fait grossir et c'est bien le problème de l'hyperphagie. Les écarts mesurés et contrôlés ne te feront jamais grossir s'ils sont mangés quand tu as faim. Après c'est trop tard.

 

-         au début je me permettais donc des écarts mais dès le lendemain ou le surlendemain, je  faisais attention tout de suite et pas de prise de poids. C'est quand tu attends quelques jours que tu reprends un peu. Le sport aide beaucoup. Si tu arrives à toujours tenir ce rythme, tu es en bonne voie.

 

-         justement en voie de la guérison, je pensais que je l'étais avec tout ce recul sur plusieurs rechutes depuis des années. Ma motivation était toujours bonne…

 

-         jusqu'à ce que les problèmes familiaux ou autres refassent surface et tu ne sais pas comment réagir. Alors je me suis remise à faire 2 crises par mois ce qui me permettait de manger tout ce dont j'avais envie

 

-         car tout est toujours déformé dans la tête : un petit écart autorisé est synonyme de prise automatique de poids le lendemain (même si réellement je sais que ce n'est pas vrai) donc dans ma tête j'en ai  profité pour manger non pas 1 gâteau mais 4 ou 5. Et la pub avec toutes ces nouveautés me hantent dans la tête jusqu'à ce que les goûte. Terrible. On dirait une droguée : alors en sortant du métro pour rentrer chez moi, c'est un combat dans ta tête qui commence. Non tu n'iras pas à la boulangerie, tu rentres direct. Non il faut surtout pas que je tourne la tête vers la vitrine sinon je vois les gâteaux m'appeler et c'est ingérable. Une psychose avec des suées… Une voix qui raisonne dans la tête et une autre qui te dit NON…

 

-         Je n'ai pas su résister à cette pression, j'ai bien cru perdre la tête et rien ni personne n'avait d'intérêt mis à part la bouffe. L'obsession est revenue mais je n'ai pas compris que je rechutais même après tout çà !

 

-         Alors je commence à ne plus faire attention car les écarts s'étalent et puis je ne peux plus me contrôler : mes pieds se dirigent tout seuls au magasin.

 

-         Tout çà se fait PROGRESSIVEMENT SANS T'EN RENDRE COMPTE car tu te dis que c'est pas grave, tu vas remonter la pente. MAIS, quand tu vas chez le diététicien qui te dit +500g ou -500g çà me stresse. Je me revois quand j'étais anorexique où toutes les calories et les grammes sont importants. La perte de poids devient une obsession et tu ne vis plus ! Justement je refuse çà car je me connais, je peux retomber vite dans l'anorexie. Etant donné que çà m'énerve, au lieu d'aller tous les mois aux RDV, j'y allais tous les 2 mois puis à la fin tous les 3 mois jusqu'à ne plus y aller à présent.

 

-         Et c'est ce que j'ai fait. Pour masquer mes écarts, je passais 1 semaine voir 2 semaines à ne rien manger, que boire des tisanes pour masquer une reprise de poids suite à une orgie alimentaire. Comme çà quand j'allais à mes RDV espacés chez le diététicien, hop, ni vu ni connu. Sur mon carnet alimentaire, je notais mes plats avec les écarts que j'ai faits mais je notais que je mangeais normalement alors quand je jeûnais toute la semaine. Alors je pensais que ce n'était que passager… En plus j'avais bien maigri. Au moins j'étais fière quand j'entendais dire -8kg c'est mieux que -500g !

 

-         A vrai dire, j'ai commencé à rechuter à partir du moment où j'ai recommencé à ravoir des règles normales. Comme vous le savez, l'obésité morbide détracte tout y compris le cycle féminin. Alors quand j'ai commencé à maigrir et que çà a commencé à se remettre en place, impossible de gérer ces fringales 10 jours avant les règles. J'en ai parlé à mon médecin, j'ai eu un traitement pour çà mais çà n'a rien fait. 10 jours d'écarts sont très longs car ils anéantissent tous tes efforts ! J'ai commencé à ne plus être motivée à partir du moment où je me tue à faire du sport et noter mes plats et boum le mois d'après çà tombe à l'eau à cause des règles. Apparemment c'est normal du fait que les hormones étaient en sommeil, il faut qu'elles refonctionnent normalement. Impossible de me passer de pot de Nutella entier et de fromages pendant 10 jours. Tout y passe : catastrophe sur la balance surtout si j'ai RDV chez le diététicien et je n'ai pas le temps de faire la diète pour récupérer tout çà. Alors j'invente une excuse pour annuler le RDV. Oui, je l'ai fait : c'est le vice de la rechute = mentir !

 

-         Et la démotivation apparaît et je ne prends plus RDV avec le diététicien. Je mets un terme à mon suivi. Je ne peux supporter cette pression en moi, ces voix qui me font devenir folle et ce contrôle que je ne peux contrôler. En fait, je ne l'ai pas vu venir mais j'ai l'impression que je suis en état dépressif. Mon psy me dit que non. Je pleure pour un rien, j'ai du mal à marcher, je ne peux plus monter un escalier sans être essoufflée… Et surtout j'ai toujours refusée de me peser car çà va vite à l'obsession chez moi (voir article le cauchemar de la balance).

 

-         Jusqu'à ce que mon médecin traitant sachant que je déteste me peser, m'annonce qu'il faut faire quelque chose car je pèse 10kg de plus qu'en novembre 2006. J'y suis allée car une fatigue incroyable le matin : on dirait que je n'ai pas dormi. Et vous connaissez les soucis physiques que j'ai sur mes articles précédents.

 

-         Ce fût un véritable effondrement à partir du moment où j'ai appris que j'avais repris tout le poids perdu voir plus. Moi qui était bien parti, motivée, dynamique, battante. Je n'ai plus d'énergie, je n'arrive plus à rien, je suis démotivée. C'est la première fois que je me dis dans ma tête que je n'y arriverais plus. D'habitude je repars toujours de l'avant mais là la rechute est différente des autres car c'est déjà en échec dans ma tête avant que je me reprenne en main. Du fait du manque de sommeil, je pleure pour un rien et fait beaucoup d'erreurs d'inattention à mon travail à cause des trous de mémoires. Je ne vais pas raconter ma vie à mon travail. Moi qui suit tellement sérieuse et perfectionniste au travail, je n'y arrive plus. Il m'arrive d'arriver en retard car je ne peux plus me lever le matin. Tout m'échappe. Je ne peux plus rien contrôler du tout SAUF les problèmes de famille que j'essaye toujours de régler. Mais pourquoi résoudre les problèmes des autres alors que je ne peux résoudre les miens. C'est plus fort que moi : c'est ma façon de montrer que j'aime ma famille malgré tout ce qui s'est passé. Apparemment ce n'est pas la bonne méthode…

 

-         J'attends avec impatience mon hospitalisation pour savoir par quel moyen on va me remotiver et surtout comment m'en sortir. C'est clair qu'avec tous mes soucis de santé, je ne peux maigrir de 50kg en 2 mois, ce n'est pas possible (surtout que l'opération du bypass m'a été refusée pour le moment). Alors je suis perdue, et ne sais plus du tout où je vais. Et puis, apparemment l'hôpital compte beaucoup sur le psy en TCA. On verra ce qu'il va me demander de faire.

 

-         Je ne mange plus équilibrer depuis longtemps. Beaucoup de plats rapides et industriels ou des sandwichs, je ne cuisine plus ou très peu pour mes gamelles du midi au travail. Actuellement, je mange tout ce dont j'ai envie sans restriction. De toute manière j'aboutis à cette conclusion car je n'ai pas le choix. Vous dire à quelle date exacte je ne mange plus équilibrer, je ne sais pas car pour moi ce n'était pas une rechute. Je me suis faite bien avoir sans m'en apercevoir. Un démon en moi = la mauvaise voix m'a eue, elle a réussi sa mission et je suis tombée dedans. Mais quelle idiote j'ai été de ne pas avoir compris tout ce cirque avant…. Mais quelle idiote….Je m'en veux terriblement car j'ai échoué et je déteste l'échec. « Ca y est cette fois-ci c'est la bonne » je ne comprenais pas comment j'ai pu rester des années à manger n'importe quoi. Je me suis jurée de ne plus jamais me laisser avoir par la maladie. Car il s'agit bien d'une rechute suite d'une maladie de cette addiction qui me pourrit. De toute manière même en mangeant sans restriction je fais toujours mes crises car je suis devenue trop émotive. Et là j'ai régressé au point même de ne plus déceler s'il s'agit d'une crise ou du manger. Je ne fais même plus la différence du fait que la bouffe pendant  les crises est la même que mon bouffe quotidienne. Sauf ma gamelle du midi comme je mange devant tout le monde, elle doit être normale. Ce n'est qu'après la culpabilité que je rends compte que j'ai fait une crise. Mais c'est pas tout le temps car les ¾ du temps je suis consciente qu'il s'agit bien d'une crise car j'ai le stress qui monte. Mais c'est redevenu normal de bouffer pour le supporter. Je n'arrive plus à me battre car je suis fatiguée. Un épuisement général me caractérise et je ne m'occupe plus du tout de moi : plus de masque facial ni de gommage, plus rien de tout çà. J'ai pas envie. Je suis énorme et plus envie de rien du tout que de dormir car je suis épuisée.

 

 

 

Ma synthèse quant à la rechute :

 

 

Alors bien sûr que j'ai énormément de colère en moi, cette colère qui me tient à la gorge et qui finit en crises. Je ne peux accepter de pardonner à des gens qui t'ont humiliée toute ta vie et je ne parle pas que de la famille ! C'est trop facile çà et c'est toi qui te fais encore passer pour une conne. Je refuse çà dans ma tête. Je sais que tant que je n'aurais pas résolu cette colère je ne peux pas guérir alors j'y travaille avec le psy. En fait, j'ai essayé de pardonner à ma façon en m'impliquant tellement qu'à chaque fois qu'il y avait un problème je me suis oubliée, je n'existais plus pour pouvoir aider les autres. Sauf que ce n'est qu'à sens unique et que les autres ne t'aide pas en retour si t'as besoin car au contraire « ils n'en ont rien à cirer de tes soucis ». Alors faire le Zorro de la famille alors que je suis incapable de m'occuper de mes soucis, c'est terminé tout çà. Je le dis mais je ne le fais pas ! C'est plus fort que moi, je n'y arrive pas. Dès que quelqu'un a besoin d'aide je cours au dépit des conséquences car çà me fait toujours avoir des crises d'hyperphagie. La famille c'est un grand stress chez moi. Je n'ai pas pu résoudre le sujet pour le moment. Ma guérison ne peut pas se faire si je n'ai pas passé au-delà de tout çà.

 

Et puis, il y a la fuite car la réalité est dure à encaisser sans la bouffe qui vous permet de tout supporter ! Généralement la rechute commence comme çà : face à un souci tu peux refaire quelques crises car tu ne sais pas comment agir. Seule la bouffe te réconforte comme des bras qui t'entourent. La fuite des problèmes, la fuite de l'entourage car refus social. Ca s'installe petit à petit. La fuite des RDV, je n'aurais pas supporté m'entendant dire de faire attention car échec. Car on est toujours dans son cocoon dans son rêve son idéal. On croit qu'il persiste alors qu'il est déjà trop tard.

 

Une rechute signifie toujours qu'il y a un sujet qui n'a pas encore été résolu et pour lequel un stress est généré qui te font faire des crises. On dit que les rechutes sont nécessaires car justement elles permettent de se remettre en question à chaque fois. J'ai rechuté car effectivement je pensais avoir résolu plusieurs sujets alors que pas du tout. Il faut encore revenir dessus et avec l'aide du psy APPRENDRE à gérer ce stress SANS se jeter sur la nourriture. Et je ne sais pas encore le faire pour le moment.

 

Fait nouveau = je viens de comprendre que j'ai passé ma vie à ne penser et me battre contre la bouffe. Ma vie est en attente depuis trop longtemps car je suis anesthésiée par la maladie. Je ne me suis attardé qu'à la bouffe, maigrir et c'est tout. Je viens de comprendre qu'il ne faut pas commencer par maigrir qui n'est qu'accessoire. Il aurait fallu commencer par résoudre les problèmes environnants avant de s'attaquer à maigrir à tout prix. Car ce qui fait regrossir c'est le stress généré par l'environnement et la maladie qui persiste car elle en découle directement.

 

Cette rechute me fait donc comprendre :

-         que je n'ai pas résolu tous les soucis permettant d'être guérie

-         qu'il me faut impérativement encore travailler sur les thématiques environnementales qui englobent touts les sujets hors celui qui a monopolisé toute mon énergie : la bouffe.

 

Un espoir de guérison ne sera effectif que quand j'aurais réussi à :

-         maîtriser mon environnement en faisant plus en sorte que la bouffe ne masque plus les problèmes

-         prendre le recul sur les choses

-         apprendre à gérer mes émotions et mon stress notamment par la respiration (ce que je n'arrive plus à faire).

 

Le reste est bien sûr l'accompagnement médical mais surtout psychiatrique et je pense que je serais bien entourée avec l'équipe de la Pitié-Salpétrière. Et bien sûr, la rééducation alimentaire et le sport, indispensable. Ne plus focaliser sur la bouffe et la perte de poids, ce n'est que le combat qui va re-commencer !

 

Merci de votre soutien. Je me répète beaucoup. Vous saurez au courant de mon suivi à l'hôpital, je vous raconterais tout, promis.

 

J'attends vos commentaires sur ce sujet sur votre vécu face à la rechute.



23/05/2010
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