COMBAT CONTRE L\' HYPERPHAGIE COMPULSIVE


sos compulsions alimentaires

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bonjour,
et merci pour ce blog qui m'aide déjà à mettre des mots sur ce que je vis.
j'ai 43 ans, j'espère que j'aurai ma place ici au vu de mon grand âge.Depuis 4 ans je souffre de compulsions alimentaires le soir et la nuit, sans trouver la clé pour arrêter les crises. En fait les troubles sont apparus après un sevrage des opiacés. J'ai bien conscience du lien entre les deux, et je sais que les crises comblent un manque affectif et une absence totale d'estime de soi, maintenant le savoir n'arrange hélas rien. Je suis suivie en psychothérapie depuis 2 ans, mais même ma psy a baissé les bras et pense que je devrais être suivie dans une structure spécialisée (le hic, c'est qu'il n'y en a pas dans ma région, et hors région les places sont très chères).
Je ne fais plus aucun repas sauf le petit déjeuner, je me nourris le soir et la nuit, et exclusivement de sucreries, chocolat, glaces, biscuits sans aucune retenue. Tous les jours je jure que je n'en rachèterai pas, et tous les jours je cours au supermarché parce que j'ai peur de manquer. J'ai l'impression d'être enlisée dans des sables mouvants, je n'ai rien à quoi me raccrocher. En plus, comme je ne sais pas vomir, je prends du poids, je suis devenue obèse et ça me casse encore plus. Je n'ai pas d'enfants, plus de mari, donc aucun soutien, même pas la motivation de tenir le coup pour mes gosses... j'ai honte de moi.
Je cherche à rencontrer des personnes qui ont le même problème ou souffrent de TCA, et si possible à signer une sorte de "contrat moral" avec une autre personne, pour m'engager à ne plus acheter ces saletés et ainsi mettre un terme aux crises... en fait je suis prête à tout pour que ça s'arrête, mon cerveau malade envisage toutes les possibilités.
Ca fait déjà du bien d'en parler enfin (c'est la première fois que j'ose en parler à des personnes qui souffrent aussi de TCA).
Merci à l'avance de vos réponses, et bon courage à tous devant cette maladie
Juliette

Bonjour Juliette;
Ne baisse pas les bras, jamais! J'ai 22 ans donc je n'ai pas tellement de vécu, je me voit mal te donner des conseils, mais je n'ai plus de troubles depuis maintenant un ans, et j'aimerais bien t'aider.
Comme je ne connais pas ta vie, ton parcours je vais te raconter MON parcours et ce qui a fait que je plonge avec tant d’excès sur la nourriture.

Tous d'abord j'ai toujours eu un parcours scolaire chaotique, quand autour de toi tes amis prennent le chemins de la fac ou d'autres écoles supérieurs, et que toi t'es sans diplômes et que tu ne sais pas quoi faire de ta vie, tu enchaines les petits boulots sans vraiment te poser, y'a de quoi déprimer.
Quand sentimentalement c'est aussi désert que le Sahara, que toutes tes copines sont casés et toi seul, comme d'habitude, tu doutes de toi forcément, tu te sent inutile, tu te voit moche et grosse, alors que pas du tout les gens n'ont pas se regard la quand il posent leurs regards sur toi mais tu te rabaisse constamment tu te vois comme une vrai loque.
Un jour, je me suis regarder dans le miroir et je me suis dit, je ne suis pas RIEN, je vaut quelque chose, moi, même toute seule, en couple ou célibataire il n'y a pas de raisons que je ne réussisse pas a trouver le bonheur.
Alors je me suis mise au sport, pour me remodeler d'abord et parce que sa me fessait énormement de bien, natation, step, course à pied, je voulais bouger. J'ai fait le tri dans mes amis, ceux sur qui je pouvais compter, et ceux qui n'ont jamais été la quand j'en avais besoin et couper les ponts avec les mauvaises fréquentations. J'ai repris des études tous en travaillant a coter, je suis toujours célibataire mais je suis bien, je me sent bien parce que j'ai décider d'être bien.
Alors Juliette quand ont veut ont peut, moi je fait un pacte avec toi, "je ferais tout pour me sentir bien!" Si t'as un autre titre je suis preneur COURAGE!!!
hyperphagiecompulsive

Bonjour Juliette,

Quand tu parles de sevrages d'opiacés, tu veux parler d'anti-dépresseur ?

Si c'est le cas, c'est vrai que ceux t'arrangent d'un côté mais te dérégle de l'autre. C'est bien pour çà que j'avais pris la décision de tout arrêter il y a 2 ans. De plus pour ma part mais je ne suis pas médecin, ils retardent la prise de conscience qui mène vers la guérison. Souvent pris en couplage avec d'autres médicaments soit tu dors soit tu deviens zombie. Je trouve mauvais ce genre de médicaments car tu n'es plus toi même même si tu peux avoir une baisse du stress ce sont des faux semblants masqués avec tout un tas d'effets secondaires dont il faut plusieurs mois pour s'en débarrasser.

Sinon, je suis très d'accord avec Tasmine, il faut apprendre à vivre avec ce dont on a réellement envie ce qui implique à prendre des décisions plutôt que laisser faire les choses, et ne plus se réfugier dans la nourriture à tout va. En quelques sortes, il faut apprendre à vivre.

Le problème du TCA c'est aussi ne pas arriver à faire face aux problèmes car on s'est justement réfugié dans la nourriture suite à un problème. Apprendre à sortir des problèmes serait l'une des solutions à condition de ne pas se jeter sur la nourriture pour essayer de contrôler ses émotions qu'elles soient positives ou négatives.
Tout ne se fait pas du jour au lendemain, moi même je suis de faire plein d'expérience que ce soit alimentaires ou pas.

Pour sortir de çà, il faudrait que tu revois avec ton médecin si ce sont les effets normaux suite au sevrage et s'il y aura rétablissement à la normale derrière. J'espère que çà ne va pas continuer et que tu ne vas pas tomber dans le TCA.

Pour moi, je pense que c'est le stress qui te fait çà et aussi le fait que tu ne manges pas la journée. Pourquoi d'ailleurs ? Tu te retiens dans l'espoir "qu'aujourd'hui je vais faire régime" et après tu craques ? Si c'est le cas, c'est normal le corps a trop faim et tu te jettes sur tout. Mieux vaut apprendre à faire des repas avec ce que tu aimes.
Apprendre à s'arrêter quand on est en train de tout dévaster, c'est très compliqué. Aujourd'hui j'ai mangé une pizza pleine de fromages en entier car j'en avais envie mais je savais que j'étais rassassiée avant de finir les 2 autres parts pourtant j'ai tout mangé quand même. J'aurais pu enchaîner sur du sucré et çà m'aurait fait faire une crise. La petite voix dans ma tête me dit de prendre le chocolat, et, une autre me dit que "NON tu as assez mangé et mal de ventre maintenant çà suffit". Donc je n'ai pas mangé depuis cette pizza car j'avais tellement l'estomac rempli que j'ai pas encore ressenti la faim pour le repas du soir. Essaye d'écouter ce que te dit ton corps par les signaux qu'il t'envoie. Ca aussi il m'a fallu plusieurs mois avant d'en arriver là.

Tout çà est facile à dire moi la première j'ai lu pleins de trucs et c'est trop difficile à mettre en place. Pour la faim, j'ai mis plusieurs mois (au moins 5) pour le mécanisme soit rôdé dans ma tête. Pour la satiété je commence à la repérer mais j'ai tendance à ne pas l'écouter. Quant à manger doucement je n'y arrive pas pour le moment.
Aller chez le psy c'est bien mais j'ai remarqué que c'est trop long quand le problème persiste depuis trop longtemps. Mieux vaut opter pour une thérapie comportementale (TCC)TCA ou pas TCA plus adaptée à notre problème. Tous les psys n'y sont pas formés. Après il faut voir ce qui te convient le mieux. En TCC tu fais des exercices que ce soit alimentaire ou pas et je peux dire que l'on en fait des expériences ! Et c'est vrai que çà aide beaucoup plus que la psy classique. En fait, il faut faire les 2. Donc j'ai 1 TCC en groupe de parole avec plusieurs autres patients et 1 psychothérapie individuelle faite par un autre psy.

A moins qu'on est une prise de conscience subite et hop, on se reprend en main tout seul. J'admine les personnes qui ont réussi. Ce que je veux te faire comprendre c'est que l'aide des autres bien sûr que c'est très utile (en TCC j'avance grâce à l'aide et les expériences de chacun) mais ce n'est que toi-même qui pourra faire avancer les choses car c'est à toi de prendre les décisions pour agir en conséquence.

Pour info voici quelques liens pour trouver ce dont tu aurais besoin : il faut cliquer sur ta région. C'est sur ces liens que j'ai trouvé ma TCC que je suis actuellement :

AFDAS TCA [lien]

pour une écoute ou conseils : ENFINE [lien]
tél 01 40 72 64 44. Je ne les ai jamais contacté pour ma part, je ne peux pas t'en dire plus mais ce sont des personnes qui sont spécialisées TCA qui te répondent si tu as besoin.

Mais il faut d'abord faire le diagnostic médical avant de dire que tu es en train de tomber dans le TCA ou si ce sont les suites du sevrage et que faut il faire alors ? Revoit avec ton médecin traitant.

C'est vrai que tout ce qui est cortisone, anti dépresseurs et autre, çà peut générer une prise de poids importante voire très importante sans forcément tomber dans le TCA. Retiens nous au courant et surtout n'hésite pas à poster un commentaire quand tu le souhaites.

Au plaisir
hyperphagiecompulsive

Quant à Tasmine, c'est avec beaucoup de respect et d'admiration que je lis tous tes commentaires et tu le sais :fa:

Ce que tu as pu mettre en place toute seule en te reprenant en mains, c'est ce qu'on apprend en TCC TCA.

Quelquefois j'essaye de me dire qu'"aller tu recommences tout à zéro en pensant que je n'ai pas de TCA en me levant le matin" mais je suis tellement épuisée que je laisse tout tomber. C'est avec l'accompagnement médical en TCC TCA que je commence à ce que tu es arrivée à faire toute seule.

Je te confirme que ce que tu as entrepris toute seule c'est exactement ce qu'il faut faire ! C'est ce qu'on souhaite nous faire faire en TCC TCA.

Donc Tasmine

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Bonjour,
un grand énorme merci pour vos réponses, et merci tasmine pour ton courage.

quand je parle de sevrage des opiacés c'est antidépresseurs et médocs à la codéine essentiellement, mais je prenais tellement plein de choses que c'est dur de faire la liste, en fait j'avalais tout ce qui permet d'oublier. Pour la prise de poids elle a commencé quand j'ai stoppé les antidépresseurs et commencé à abuser du chocolat en dépassant les 200 grammes quotidiens.

selon les médecins il y a un lien avec le sevrage puisque la nourriture me console et joue le rôle d'aide à l'oubli, hélas apparemment ce n'est pas une conséquence logique, j'ai juste remplacé les produits par un excès de sucres. Mais je pense que tout est lié.

je ne mange pas dans la journée parce que je n'ai pas faim, et puis j'ai maintenant une "aversion" pour le salé, j'ai beaucoup de mal à avaler quelque chose de salé, ça me donne des nausées et ça dure depuis des mois. Je n'ai pas plus faim le soir, mais me gaver est presque un rituel, nécessaire pour que je puisse me coucher et affronter la nuit. Je ne connais plus de "normalement" ni de "assez", j'ai encore du plaisir à manger (le sucre) mais je ne sais plus apprécier, déguster, impossible de manger 100 grammes de chocolat par exemple, c'est 400 grammes ou rien, avec des biscuits ou des glaces ou crèmes dessert... et tant d'autres ennemis.

outre la prise de poids, j'ai des problèmes cardiaques, des maux de dos, le système digestif en compote parce que j'avale des quantités de bicarbonate de soude dans du cola light (pourquoi je ne le sais même plus, au début c'était pour digérer, maintenant j'en prends même si je ne mange rien). Il est grand temps que les choses changent.

J'ai bien compris que ça doit venir de moi, et surtout que je dois affronter mes problèmes psy si je ne veux pas tomber dans l'abstinence passive= stopper les crises sans changer de mode de vie= rechute assurée. J'aime bien l'idée de TCC, et je vais aller visiter les liens avec beaucoup d'intérêt. C'est vrai que la psy classique a ses limites, et ça prend énormément de temps pour des résultats bien minces souvent. N'ayant pas de groupes de parole dans ma région, pendant un temps j'allais en Alcooliques Anonymes, ce qui m'avait été conseillé par les ABA Anorexiques Boulimiques Anonymes, ils fonctionnent sur le même principe, je crois que je vais essayer d'y retourner.

Grâce à vous j'ai des idées, des pistes, et déjà je cogite plus sur l'origine de mes troubles (pas seulement alimentaires d'ailleurs, j'ai aussi des toc entre autres).
je ne peux pas faire grand-chose en sport mais je me remets à la marche et je cherche un cours d'aquagym. Et j'ai décidé d'écouter mon corps, ça va être un grand changement pour lui.
Je ne veux plus me laisser bouffer par la maladie, la honte et la culpabilité. J'espère trouver les bonnes armes pour me faire du bien, pour une fois.

je vous tiens au courant de mes progrès je me sens plus optimiste :ct:
à bientôt MERCI encore

hyperphagiecompulsive

Bonsoir Juliette,

Merci de votre commentaire constructif et des détails.

Je m'en doutais que tu prenais des anti-dépresseurs et autres et c'est vrai que ceux ci peuvent faire grossir quand tu arrêtes par le fait que les crises d'angoisse et le stress reviennent instantanément voire sont décuplées. Les crises alimentaires ont un effet anesthésiant qui te rappellent l'état après la prise de médicament. C'est la recherche de cet état ou effet anesthésiant qui fait grossir et pas l'arrêt du médicament en lui même (sauf cortisone qui fait rétention d'eau).

Pour le groupe de parole avec les alcooliques anonymes, je dis un grand OUI. Je suis bien contente que tu abordes ce sujet car le TCA a les symptômes similaires à l'Acoolique. Tu sais quand je suis arrivée sur Paris, j'avais fait le botin et j'étais très énervée car il y a en avait des groupes pour les alcooliques et rien sur les TCA. Je n'ai jamais eu l'idée d'y avoir recours car mon père était alcoolique (il est décédé) et le fait de voir, sentir et regarder un alcoolique me révulse.
Mon psy (celui que je vois en cabinet privé) m'a dit qu'il n'y a que le groupe de parole qui marche bien pour eux. Aux States, ils ont remarqué l'impact qu'avait les TCC de groupe (en groupe de parole)sur les TCA. L'addiction ressemble le plus à l'alcoolique sauf que l'alcool est remplacé par la bouffe. Mon psy est même allé jusqu'à me dire que souvent les enfants d'alcooliques avaient des TCA et/ou étaient également alcooliques.
Donc je pense que s'ils t'acceptent dans leur groupe, je pense que çà peut être plus. Les techniques sont les mêmes de toute façon.

Pour l'idée des TCC, je pense sincèrement que c'est très efficace car çà te pique au vif du sujet et la réflexion par les exercices te permet de travailler à la fois sur le passé mais surtout de trouver des alternatives auxquelles on n'avait pas encore pensé sur le présent et surtout l'avenir. Chose que je n'ai jamais faite en psy classique où tu tournes en rond à répéter toujours les mêmes choses ce qui à tendance à m'énerver car j'ai l'impression d'être cloîtrée dans le passé.

Par contre c'est très fatiguant et çà peut faire des crises car tu remues beaucoup de chose dont une orientation vers le changement. Nous, qui avont des rituels en tout, le changement est donc le pire ennemi !
Dans ma TCC, nous sommes plusieurs dont un monsieur (eh oui aussi), la plupart sont boulimiques, on est 3 hyperphagiques. De temps en temps on a les anorexiques sur travail de thématiques communes comme les régimes par exemple. Ou alors on peut être invité temporairement dans un autre groupe qui traite des troubles de la personnalité dont la bipolarité si le TCA est très en rapport avec çà. Je t'invite à lire les 2 articles sur les schémas cognitifs d'ailleurs.
L'avantage du groupe de parole est que tu te mets dans la peau de la personne qui raconte son vécu et ses anecdoctes pour s'en sortir. Quelquefois, çà fait pleurer (et je pleure beaucoup !) et d'autres fois on rit. Ce qui est touchant c'est que tu ressens exactement ce que dis la personne avec tu te vois toi même faire pareil ce qui te fait réfléchir voire même avoir un déclic.

Je peux te dire qu'avec les boulimiques, les seules différences sont : qu'on ne vomit pas et donc qu'on grossit, tout le reste est exactement pareil. Par contre, quand elles arrêtent de vomir, elles grossissent du fait qu'elle font des repas gardés et que nous on maigrit car on ingère des quantités moindre de nourriture.

Je trouve que j'ai fait un bond en avant en écoutant les autres en TCC et on s'encourage mutuellement. Tu te dis "tiens untel va mieux", "merde je suis la seule à encore dire que j'ai craqué". "Bon je vais essayer d'utiliser telle technique (d'après les exercices)".

Et puis, on a des explications théoriques sur la maladie et on apprend à se relaxer, à décompresser. On apprend à voir la vie sous un autre regard. C'est comme ci on souhaite te guider vers cette nouvelle vie dont le cerveau n'arrive pas à trouver le chemin car la maladie est trop présente et il n'y a qu'elle qui compte matin midi soir coucher.

Et puis il y a les copines du blog qui n'hésitent pas à laisser des commentaires toujours sympa et qui ont réussi à relever la tête tambour battant et finir par y arriver. Pourquoi pas nous ? Bien sûr il y a des hauts des bas mais il faut arrêter de dramatiser. C'est ce que j'essaye de faire comme exercice : manger ce dont j'ai envie mais savoir s'arrêter à temps. C'est pas la fin du monde si on s'est autorisé du sucré mais il faut arriver à avoir le déclic que çà n'enchaîne pas sur une crise et tout le reste : culpabilité et compagnie. Tout çà se travaille petit à petit.

Je vois que tu es partante pour la bataille contre tout çà !! Pour la faim, c'est super si tu peux l'identifier. Si tu n'as pas faim, tant pis, tu manges que quand ton corps le réclame ok. Attention les anti dépresseurs dérèglent tout çà aussi. Je me souviens que certains peuvent agir en coupe faim puis une faim subite te prend et c'est vrai que c'est le soir. J'ai vécu çà lors de ma rechute après l'arrêt de P..Z.C et toute la liste comme tu dis.

Avant de prendre les médicaments, tu ressentais la faim pareil ou te souviens tu avoir senti la faim la journée ?

C'est bizarre cette histoire de faim. Dans le groupe, il y a une personne qui dit n'avoir jamais faim sauf que c'est elle qui a décidé de ne plus avoir faim pour ne pas grossir. L'après midi, elle fait ses crises mais comme elle est boulimique, elle enchaîne plusieurs crises d'affilée et pas de variation de poids. L'exercice qui lui a été demandé a été d'essayer de manger un peu le matin puis rajouter quelquechose le midi. A ma grande surprise, elle ne mangeait rien matin et midi et là, elle finit son assiette et mange plus que moi. Sauf que ses crises de l'après midi ont baissé car la faim n'est plus décuplée.
Je t'invite à revoir ton système de la faim. En te levant le matin,essaye de repèrer si le ventre grogne ou pas ou essaye carrément comme cette fille. Peu être que çà peut calmer le soir.
Sur mon article sur l'obsession chocolat, tu peux remplacer ton repas par 1 tablette jusqu'à la satiété uniquement et ce dès que tu en ressents le besoin. Cela ne fait que quelques jours que j'ai arrêté de remplacer mon repas par le chocolat. Pas de variations sur la balance malgré une peur effroyable de grossir. Donc çà ne te fera pas grossir, il faut faire l'expérience.

Pour le sport, c'est génial que tu évoques çà. A plus de 150kg j'ai choisi de retourner à la piscine pour l'aquagym, le seul sport que je peux faire car tu ne sens pas ton poids et çà pèse pas trop sur les articulations. Mais il faut affronter le regard des autres qui est assassin au début surtout avec un poids pareil ! Donc OUI aussi pour une reprise progressive du sport. Après ce sont des habitués qui viennent tous les jours, ils ne te regardent plus. Le pire ce sont les parents des gosses de l'école de natation, horrible avec leur regard et les ricanements des gamins "tiens vlà sumo".Après les avoir remis en place, gosses ou adultes, il y en aura toujours qui ne s'en remettront jamais de voir des fesses énormes. Et alors, rien à cirer, on ne va pas se priver pour les autres. Celui qui n'est pas content c'est pareil, n'a qu'à regarder ailleurs si j'y suis.
Bizarrement les gens viennent vers moi me parler de tout et de rien. Je pense qu'il y en a qui admire le courage qu'il faut pour s'exposer malgré tout ce regard assassin. Moi je demande que çà que les beaux mecs barraqués qui font la compette continuent à venir me parler. Pour çà, dans ma tête c'est clair que j'ai un but qui est de sortir de la maladie et je ne vais pas m'arrêter sur un regard même si c'est fatiguant à terme.

De plus, j'ai une personne qui fait la compette qui se propose de m'aider en salle de muscu si je le souhaite. Car le fait d'aller mieux avec tous ces exercices de la TCC, c'est que les gens commencent à voir que j'ai perdu quasi 25kg.
Je ne peux pas encore dans ma tête aller dans la salle de muscu, voir tous ces mecs transpirés et moi énorme là dedans. J'y suis encore pas !

Tu vois que ce n'est pas parce qu'on a du poids qu'on ne peut pas faire de sport. Il faut savoir bien choisir car le dos est abîmé (effet scoliose) par les prises de poids, les genoux... Exemple : mon médecin refuse que je fasse du jogging car mes genoux, mes chevilles en prendraient trop un coup. Mais aquagym à volonté !

Pour l'aquagym, ce n'est pas parce que tu as du poids que tu ne peux pas suivre le rythme. C'est faux, tu es très essoufflée au début mais au fur et à mesure, ton souffle se tempère et tu as de moins en moins de difficultés.
Et puis depuis le début, je peux être plus rapide et endurante que certaines personnes qui n'ont pas d'excès de poids. Et c'est vrai !

Pour tous les problèmes cardiaques, c'est surtout le poids mais pas pour tout le monde car personne ne peut y être épargné. Mais c'est vrai que l'obésité n'y sont pas favorables à tous ces soucis de santé. C'est bien pour çà que je me bats aussi surtout pour qu'on m'enlève cette horrible machine d'apnée que je ne supporte plus !

En allant mieux, çà va générer tout seul de la perte de poids SANS REGIME calmement, sereinement et la plupart des soucis qui y sont liés disparaîtront. Le but doit être de sortir de la maladie avec une relation saine avec la nourriture. Plus question de régimes, de frustrations, de crises, ce cercle vicieux qui n'en finit plus.
Ce sera donc une nouvelle personne qui renaîtra.

Ca prendra le temps qu'il faudra, ce n'est pas une course. Comme dit Tasmine, il faut se reprendre en main et ouvrir les yeux vers la réalité autre que la fixation sur l'alimentation et avec les aléas de la vie positis ou négatifs.

A très bientôt !

bonjour,

Merci pour ta réponse et les détails bien utiles.
je reviens faire le point sur ces "premiers" jours de lutte contre la maladie (ces nouveaux premiers jours plutôt, car j'ai mon lot de tentatives et d'échecs).
hélas je n'ai pas trouvé de TCC dans ma région, mais je continue à chercher. Ce que tu m'en dis me motive beaucoup. Pour compenser, je peux aller dans un groupe alcooliques anonymes tous les mardi, je pense que ça va me faire du bien, pour les bienfaits du groupe de parole d'abord, parce qu'on se sent moins seul en écoutant les témoignages des autres et en partageant, et parce que les techniques incitent à un changement majeur dans le mode de vie, les habitudes, le ressenti des émotions, etc, et ça change le quotidien réellement.
Avant de prendre tous ces médocs je ressentais la sensation de faim et je faisais des repas normaux, mais c'était il y a des années, ça remonte vraiment à très loin. Mes problèmes avec le salé eux sont plus récents, ils datent de 3 ans, quand le sucre a fini de gouverner toute ma vie et a bousillé mon système digestif, mes sensation de faim et satiété, et ma perception du goût des aliments. J'essaie depuis quelques jours de réintroduire peu à peu un aliment, sans trop forcer parce que si je me rends malade je vais me braquer encore plus: un artichaut, des pâtes, un peu de légumes. J'ai rencontré un professeur dans un service d'endocrino qui m'a conseillé d'essayer le sucré-salé pour venir à bout de mon dégoût, ça marche plutôt pas mal, mais tout doucement. Pas grave, ma priorité, c'est de me défaire du sucre pur et dur pour revenir à un équilibre, et de stopper les crises. L'équilibre reviendra petit à petit.
Je m'apprête à vivre mon troisième jour sans chocolat et mon deuxième jour sans sucreries, c'est peu de chose mais il faut un début à tout. Ca ne se passe pas merveilleusement bien, le pire c'est le soir et la nuit, c'est l'obsession, le gros manque psychologique, l'impression de mourir de faim alors que je me suis relevée pour manger une crêpe une heure avant, bref le grand n'importe quoi. Mais je me dis que ça va aller de moins en moins mal, et qu'un jour je n'aurai même plus besoin de me lever la nuit pour manger.
J'ai trouvé un cours d'aquagym qui reprend à la rentrée, je vais essayer d'avoir une place. C'est vrai que dans l'eau on ne sent plus son poids, et puis j'adore l'eau, ça ne peut que me plaire.
Voilà toutes les nouvelles, je ne me sens pas bien forte mais j'ai l'impression d'avoir mis un pied dans le processus de rétablissement, et c'est dejà ça.
On va bien finir par en venir à bout de cette maladie.
Courage et à bientôt
juliette
hyperphagiecompulsive

Salut Juliette,

Pour revenir sur le sucré-salé, il ne faut surtout pas les supprimer car si c'est le cas, tu vas avoir des rechutes horribles à ne manger que çà. Il faut les manger mais en petite quantité ou si tu en as vraiment envie remplacer le repas matin, midi et soir de çà. C'est en TTC qu'on apprend çà.

Pas question de les supprimer, ce sera pire. Tu penses pouvoir tenir mais çà reviendra vite au galop jusqu'à ne plus s'arrêter.

Après tu fais ce tu que veux, c'est uniquement ce que je te conseille. Pour la faim, si tu as déjà ressenti dans ta vie cette sensation faim et encore mieux avec la satiété, c'est une grande avancée et çà reviendra.

Ca fait plus de 6 mois que je travaille sur la faim. Pour la satiété je commence à repérer les signes mais je n'arrive pas encore à m'arrêter à temps. Il faut apprendre aussi à manger lentement chose que je ne sais pas encore faire.

Tu peux tester différentes méthodes si tu le souhaites, pour les alcooliques anonymes, je trouve çà super car beaucoup de similitudes. Tu verras vite que les autres ont les mêmes symptômes que toi mais dans ta tête, il faut remplacer l'acool par la nourriture. De toute manière que ce soit l'alcool ou la boulimie/hyperphagie/anorexie, c'est l'addiction qui faut traiter.

Il me semble que certains hopitaux, j'ai vu sur le site AFDAS TCA, regroupaient toutes maladies liées à l'alcool, nourriture, drogues ... sous une même thématique qu'est l'addicton. Donc on voit apparaître des services non plus spécialisés pour un seule maladie pour addictions car traitent toutes les maladies liées à celles-ci.

Essaye de revoir s'il n'y a pas d'hôpital qui traite les addictions.

Sinon pour tes expériences c'est bien à condition que tu ne te restreints pas. Aujourd'hui, j'avais envie de fraises Tagada et j'ai mangé au moins une dizaine avec du nougat. Et pour une fois je suis contente de t'annoncer que j'ai réussi à me raisonner sur la culpabilité. En analysant la situation, c'est vrai, pourquoi se priver si ce n'est pour se ruer sur le paquet dans 1 mois. Non ! Par contre, je suis encore un peu paniquée car j'ai peur de grossir. Mais çà dans le groupe TCA, tous les patients diront que leur peur et la réticence à aller de l'avant est la peur de grossir.
Mais ce n'est pas 1 ou 2 carrés de chocolat qui vont fair changer l'aiguille de la balance.

Il faut apprendre tout çà : à se calmer face à ce genre d'aliments et surtout à les consommer si on en a envie et apprendre à transformer la culpabilité en plaisir. Là, j'aborde un sujet qui m'est cher car je suis incapable de ressentir de plaisir en mangeant pour le moment car pour moi manger reste du remplissage.

Mais çà viendra.

Je trouve que tu as commencé à bien avancer. Pour les médocs, ce n'est pas grave, quand tu iras mieux, peut être qu'ils seront réduits. Attention, ce n'est pas parce je les ai arrêtés que tu vas le faire. Tout dépend de ton état de santé et donc du diagnostic de ton médecin. Car arrêter un traitement, c'est aussi difficile que d'apprendre à repérer la faim.

J'espère que tu nous donneras de tes nouvelles. Bon vent !

:trp:

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