COMBAT CONTRE L\' HYPERPHAGIE COMPULSIVE


Pour s'en sortir...Il faut parler ?

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Bonjour à toutes !


J'ai lu un bon nombre des messages postés ici. Et j'avoue me retrouver dans chacun de vos témoignages. C'est pour cela je crois, que je me suis décidée à sauter le pas.

J'ai eu 18 ans, il y a peine quelques jours. Et je crois bien que ça a été un déclic...Je me suis dit qu'il était temps que je me débarrasse de ces pulsions qui me dévorent de l'intérieur, avant que cela empire. Chaque jour est un combat contre la nourriture. Il m'est impossible de résister à quoi que ce soit. Alors je tente tant bien que mal de développer des techniques, des astuces pour m'éviter de nouvelles crises.
Mais vivant encore chez mes parents, je dois faire continuellement attention afin qu'ils ne se rendent pas compte et de ma boulimie, et de mes tentatives désespérées pour m'en sortir.

J'ai tenté de leur en parler, et ce, à maintes reprises. J'ai tenté d'en parler à ma soeur et à ma meilleure amie...mais je ne peux pas. Il y a toujours cette honte, cette gêne qui m'empêche d'en parler. Je me dégoute moi-même et j'ai peur de les dégouter si je leur dis la vérité...J'ai peur qu'ils ne me regardent plus de la même façon. C'est peut - être idiot pourtant c'est ainsi que je ressens les choses.

En ce qui me concerne, les crises sont quotidiennes. Je ne pense qu'à la nourriture du matin jusqu'au soir. J'arrive plus facilement à me contrôler le matin et le midi car je suis entourée, et la honte profonde que je ressens m'empêche de me jeter sur la "bouffe" devant des témoins. C'est l'après-midi (quand je rentre de l'université) et le soir que le véritable combat commence. Je peux aller jusqu'à pleurer, jusqu'à balancer des objets par terre si je m'empêche de manger. Cette envie d'ingurgiter toujours plus de nourriture est viscérale.

Evidemment, chaque crise est suivie d'un sentiment de culpabilité affreux. Je crois qu'en fin de compte c'est ce sentiment qui est le plus difficile, parce qu'il entraîne de nombreuses conséquences: des périodes de jeûn radicales (pendant trois jours, je ne mange que des pommes), des séances de sport intensives mais qui ne dure jamais plus d'une journée (donc inefficace sur le long terme), une prise de poids inévitable et enfin un dégoût de mon propre corps.

Le pire c'est que pour éviter que mes parents s'aperçoivent de ma prise de poids, je rentre le ventre tous les jours. Tant que je suis entourée de gens, je dois rentrer le ventre pour cacher les kilos en trop. Et je me sens terriblement mal de mentir à tous ceux que j'aime de cette façon, et je me sens aussi mal parce que je m'empêche d'être moi-même.

Bref...je ne suis pas vraiment différente que tous ceux qui viennent sur ce forum. Et c'est pour cela que j'ai posté ce message. Afin de pouvoir discuter avec des personnes qui traversent des épreuves des expériences similaires. Afin qu'ensemble et en discutant nous puissions trouver une solution à ce problème. Au bout d'un moment très court, ce n'est plus nous qui "bouffons cette nourriture" mais la nourriture qui nous bouffe !!!!

hyperphagiecompulsive

Bonsoir,

Tu décris bien ce que nous tous subissons au quotidien avec toutes les techniques et stratégies pour éviter que les autres le sachent et çà passe par le mensonge.

Pour l'entourage j'ai répondu à Zuchini sur ce même sujet si tu veux jeter un coup d'oeil.

Effectivement, tu ne peux pas lutter toute seule en permanence contre çà. Tu es différente dans la mesure où chacun l'est sauf que c'est notre comportement addictif et compulsif qui fait qu'on se retrouve tous et toutes dans nos agissements face à cette maladie.

Ce que je peux te conseiller c'est de te faire aider au niveau psy car c'est primordial. Alors à voir si tu souhaites en parler avec ta famille car bien sûr qui dit soins, dit argent pour payer les consultations. A moins de voir avec des centres styple CMPP en expliquant ta situation.
Tu peux également, si tu souhaites ne pas en parler avec la famille, te mettre en contact avec ENFINE qui est une association avec ligne téléphonique. Ca peut (peut être) t'aider et çà ne coûte rien ; tél 01 40 72 64 44 les lundis et jeudis de 21h à 22h30.
Parler aux autres, oui c'est bien mais c'est le fait d'entendre les autres qui aident le plus car tu te rends compte que tu n'es pas seule dans ce cas. C'est dramatique pour toi mais aussi pour les autres et quelquepart, navrée de dire çà, mais c'est même rassurant de voir d'autres personnes dans le même cas. Et le fait de s'exprimer, permet petit à petit de retrouver la trace qui a causé la maladie. Ce qui permet de travailler dessus.
Car on a tellement honte de ce comportement qu'on n'ose rien faire d'autre que de le cacher à tout prix jusqu'à ce que çà devienne trop flagrant et qu'on perde contrôle de tout.
Vous êtes de plus en plus à m'envoyer des messages et moi même j'en suis surprise. Je pensais tellement être seule dans ce pétrin que personne n'en aurait rien à secouer de mon malheur. Eh bien non, vous êtes nombreux à vivre la même chose et c'est à nous tous qu'on peut au moins mettre des mots sur toute cette bouffe qui nous engloutit jusqu'à nous emprisonner.
Alors oui, exprimes toi mais ce n'est pas suffisant sache le. Il y a l'accompagnement médical qui fait beaucoup à condition qu'il soit spécialisé dans le comportement addictif ou encore mieux TCA.
N'hésites pas quand tu veux.
hyperphagiecompulsive

Ou alors, si tu souhaites trouver un accompagnement médical dans ta région, fais un tour sur
AFDAS TCA
[lien]
et clique sur ta région. C'est pas ce biais que j'ai trouvé mon accompagnement médical spécialisé et je peux te dire que çà n'a rien à voir à la psy classique.
Donc à méditer...

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Hors-ligne
Merci beaucoup pour ton message.

Je suis bien consciente qu'un suivi médical est important, mais il est un peu compliqué dans la mesure où je ne suis pas encore totalement indépendante financièrement. Mais j'y travaille et envoie des CV un peu partout pour pouvoir m'assumer complètement dans ce domaine. J'ai déjà consulté une psy auparavant, pendant une période éprouvante de mon adolescence mais à ce moment là, les crises concernant la nourriture ne s'étaient pas encore manifestées. Et surtout, mes parents payaient ces séances...une chose que je n'envisage plus du tout à l'heure d'aujourd'hui.

Je te comprends parfaitement. Je pensais également être la seule dans ce cas, mais ce forum me permet de voir que ce mal ronge la vie d'autres personnes. Le fait de ne pas se sentir complètement isolée dans cette situation me rassure, je l'avoue. J'espère pouvoir un jour trouver le courage et surtout la volonté de résister à ces crises, et ce, sur le long terme.

Le principal problème sont ces fameuses périodes yoyo. Il m'arrive souvent de me retenir pendant presque un mois, d'adopter un régime sain et de faire du sport régulièrement. Alors, je vois mon ventre se dégonfler etc... Et me pensant sur la bonne voie, je m'accorde un petit plaisir...Une gourmandise qui se paye chère puisque le jour d'après mes crises refont surface. L'espoir de s'en sortir fait alors place à une vague de culpabilité, de dégout encore plus forte qu'avant.

Cela va faire bientôt un an que ça dure... Et ce blog tombe à pic ! Je tenais à te remercier, car c'est à grâce à ce type de forums qu'on finira par s'en sortir...Tous et Toutes ! Du moins, je préfère garder espoir même si quelques fois, il est assez dur de relativiser et de de rester optimiste.
hyperphagiecompulsive

Bonsoir,

Je me doutais un peu que tu ne souhaites pas que tes parents prennent en charge les soins car çà veut forcément dire qu'il va falloir que tu leur explique pourquoi. Peut être pas au début mais même si tu deviens indépendante financièrement, il faudra un jour au l'autre leur parler. Bien sûr, au moment où tu te sentiras prête et rien ne sert de provoquer ce moment si tu ne le sens pas.

A défault d'être prise en charge par la psy, tu peux voir avec ENFINE ou alors au niveau des associations boulimiques anonymes par exemple pour une aide. Ca peut se traduire par des entretiens avec d'autres personnes dans le même cas ou seule si tu as peur que l'on te reconnaisse par exemple en province où tout se sait !

Non mais c'est important de se rendre compte qu'en parler c'est bien mais avoir l'entourage médical adapté çà aide beaucoup. Après il faut faire selon ses moyens, je pense que les associations doivent être gratuites et surtout anonymes.
Essaye de voir par ce biais.
Sinon bien sûr, tu peux continuer à participer sur le forum mais sache que çà n'a pas le même effet que de rencontrer physiquement les personnes souffrant de la même chose. En fait c'est un complément. Et ton cas n'est pas forcément celui de tout le monde, on a souvent besoin de retrouver le motif déclencheur et quasiment tous te diront que c'est un souci d'enfance. Et pour certaines personnes, relater l'enfance, comme dans mon cas, c'est très douloureux voir déprimant tout dépend ce que l'on a subi.
Les crises ont un but protecteur mais de quoi ? Ensuite elles ont un but destructeur : la dépression s'exprime entre autre par les crises mais ce sont aussi les régimes qui les causent.
Il faut que tu commences à travailler sur ces thèmes : recherche ce qui a pu être la cause de ton état. Tu me dis que tu as commencé il y a 1 an, tu avais 17 ans. Dans le cadre clinique, on te dira que la maladie est arrivée tardivement car c'est plutôt à partir de 13 ans qu'elle commence. Mais bon il n'y a pas d'âge spécifique après tout.
Si tu le souhaites, tu peux donc travailler sur l'enfance, tout en sachant que çà risque de remuer de belles choses comme de mauvaises choses et il faut être prêt à remuer tout çà dans ta tête. Si tu ne l'es pas, il faut que tu attendes. Rien ne sert de se forcer à faire quelquechose car vouloir à tout prix s'en sortir c'est la rechute instannée qui t'attend. Donc prends ton temps tranquillement et réfléchis si tu veux commencer à travailler sur ton enfance.
Tu peux le faire par écrit mais il ne faut surtout pas que quelqu'un tombe dessus. Ca te permet d'écrire tout ce que tu as sur le coeur. Puis tu laisses un peu et plus tard tu relis tout et tu rajoutes des trucs qui t'ont blessé. Tu peux aussi rajouter pourquoi tu t'es senti humiliée (voire autre) et rajouter que dans ce cas là tu ne pouvais rien y faire, ce n'est pas de ta faute.
Ce sont des suggestions, mais c'est à peut près ce travail qui va te permettre de te poser les questions qui vont remuer ce qui te fait mal.
Es-tu prête pour le changement ? Le veux-tu ? Tu dois te poser toutes sortes de questions et ce n'est pas de tout repos.
Ceci n'est pas pour te décourager mais pour te faire comprendre que si j'aurais été prise en charge par les bonnes personnes dès le commencement de la maladie, je n'aurais pas perdu toutes ces années gâchées par celle ci. Pour moi j'ai perdu beaucoup de temps à tourner en rond avec des gens qui en savent moins que moi. Le corps médical t'aide en ce sens à condition de bien s'entourer. Les associations spécialisées en TCA me paraissent compétentes. A toi de voir. Bises

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